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Édouard V d’Angleterre

dimanche 1er mars 2026, par lucien jallamion

Édouard V (1470-1483)

Roi d’Angleterre pendant 2 mois seulement en 1483-Comte de March et de Pembroke-Duc de Cornouailles et prince de Galles

Fils du roi Édouard IV et d’Élisabeth Woodville, il a pour frère Richard de Shrewsbury et pour sœur Élisabeth d’York, qui deviendra l’épouse du roi Henri VII Tudor.

Son court règne est dominé par l’influence de son oncle Richard, duc de Gloucester, qui lui succède sous le nom de Richard III. Édouard disparaît, ainsi que son jeune frère Richard, après avoir été enfermé, prétendument pour sa sécurité, à la Tour de Londres [1]. On a accusé Richard III d’avoir ordonné leurs meurtres, sans que les contemporains ou les historiens puissent déterminer ce qui leur est arrivé.

Édouard V est, avec Mathilde l’Emperesse,  [2] et Édouard VIII , l’un des monarques anglais ayant régné après 1066 à n’avoir pas été couronné. Si, comme c’est probable, il est mort avant son 15ème anniversaire, il serait le souverain d’Angleterre mort le plus jeune.

Édouard naît dans le sanctuaire de l’abbaye de Westminster [3], sanctuaire où sa mère a trouvé refuge pour échapper aux Lancastre [4] qui viennent d’évincer du pouvoir son père, le roi Édouard IV d’Angleterre, pendant la guerre des Deux-Roses [5]. En juin 1471, après la restauration de son père sur le trône, il est fait prince de Galles [6] et assiste désormais au côté de ses parents aux cérémonies officielles.

Édouard IV conclut une alliance en 1480 avec le duc de Bretagne [7] François II, et tous 2 décident de fiancer leurs héritiers, Édouard (10 ans) et Anne (4 ans), promettant de les marier quand ils auraient atteint leur majorité. La Bretagne aurait été l’apanage de leur deuxième-né, le premier ayant été prince de Galles. Ces projets s’évanouissent avec la disparition d’Édouard V.

Son père, voulant qu’Édouard apprenne l’art de régner, l’envoie dans le château de Ludlow [8], près du Pays de Galles [9]. Le prince s’y trouve quand il apprend la mort soudaine du roi. Il hérite du trône le 9 avril 1483, à 12 ans, mais il n’apprend la nouvelle de son avènement que le 14 avril. Son oncle paternel Richard de Gloucester est nommé Lord Protecteur [10] jusqu’à son couronnement qui est prévu pour le 4 mai. Accompagné de son oncle maternel Anthony Woodville , de son demi-frère Richard Grey et du chambellan Thomas Vaughan , Édouard se dirige vers Londres. Le 29 avril, ils sont rejoints par Gloucester, qui fait arrêter Woodville, Grey et Vaughan le lendemain.

Gloucester et le duc de Buckingham Henry Stafford escortent Édouard jusqu’à Londres ; Richard est nommé Lord Protecteur le 10 mai, tandis que le couronnement de son neveu est prévu le 22 juin. Pendant ce temps, la mère d’Édouard se réfugie à nouveau à Westminster, avec ses autres enfants. Pour sa propre sécurité, Édouard est installé à la Tour de Londres le 19 mai. Après négociation entre son oncle et sa mère, son frère Richard de Shrewsbury l’y rejoint le 16 juin. Gloucester repousse par la suite la date du couronnement.

L’évêque de Bath et Wells [11], Robert Stillington, affirme le 22 juin qu’Édouard IV a précédemment contracté une promesse de mariage secrète avec Éléonore Talbot en 1461, avant de convoler 3 ans plus tard en 1464, cette fois-ci en justes noces, avec Élisabeth Woodville. Or, au moment du mariage, Éléonore est encore vivante. Le conseil de régence conclut à un cas de bigamie, invalidant le second mariage et la légitimité de tous les enfants nés de celui-ci. Édouard V et Shrewsbury sont donc déclarés illégitimes et révoqués de la succession au trône le 25 juin 1483. Gloucester s’empare le lendemain du pouvoir sous le nom de Richard III.

Les jeunes princes Édouard et Richard n’apparaissent plus en public après avoir été emmenés à la Tour et déchus de leur légitimité. Leur destin reste un des grands mystères de l’histoire, et de nombreux livres ont été écrits sur le sujet. La thèse la plus probable est qu’ils ont été assassinés ; les principaux bénéficiaires de leur disparition sont leur oncle, le roi Richard, et Henri Tudor, prétendant lancastrien qui monte sur le trône sous le nom d’Henri VII en 1485, après avoir battu Richard et rallié la famille des disparus.

Un manuscrit rédigé en 1483 par l’ecclésiastique italien Dominique Mancini , qui a assisté à sa prise de pouvoir controversée, décrit les conditions du renversement et de l’emprisonnement du jeune roi en juin 1483, 6 000 des hommes en armes du futur Richard III tiennent Londres, la capitale. L’oncle du roi fait éliminer William Hastings , un ami loyal, fidèle parmi les fidèles de la Maison d’York [12] car il sait qu’il n’acceptera jamais la destitution du jeune Édouard V. Il va donc l’éliminer en le convoquant avec d’autres à la Tour de Londres.

Le sort du jeune Édouard V et de son petit frère Richard de Shrewsbury, tous deux enfermés à la Tour de Londres, est scellé.

Le médecin John Argentine , l’une des dernières personnes dont le roi appréciait les services, rapporta que le jeune roi, telle une victime prête au sacrifice, rechercha l’expiation de ses péchés par des confessions quotidiennes et la pénitence, parce qu’il croyait que la mort le regardait en face. J’ai vu beaucoup d’hommes éclater en sanglots et en lamentations à l’évocation de son nom après sa mise à l’écart. Il y avait des soupçons qu’il avait été éliminé..

En 1502, un chevalier anglais du nom de James Tyrrell , fidèle lieutenant de Richard III, confessa les avoir étouffés sous des matelas. Mais ses aveux, obtenus sous la torture, sont sujets à caution pour les historiens.

En 1674, des ouvriers qui travaillent à la Tour de Londres trouvent une boîte qui contient deux petits squelettes humains. Ils les jettent aux ordures, mais quelques jours ou quelques semaines après, quelqu’un s’avise qu’il peut s’agir des restes des princes, aussi les rassemble-t-on dans une urne, enterrée à Westminster sur l’ordre de Charles II.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Édouard V/ Portail de l’Angleterre/ Catégories  : Monarque d’Angleterre/ Prince de Galles : Duc de Cornouailles/ Comte de Chester/ Prisonnier de la tour de Londres/ Maison d’York

Notes

[1] La tour de Londres est une forteresse historique située sur la rive nord de la Tamise à Londres en Angleterre à côté de Tower bridge. La tour se trouve dans le district londonien de Tower Hamlets situé à l’est de la Cité de Londres dans un espace appelé Tower Hill. Sa construction commença vers la fin de l’année 1066 dans le cadre de la conquête normande de l’Angleterre. La tour Blanche qui donna son nom à l’ensemble du château, fut construite sur l’ordre de Guillaume le Conquérant en 1078 et fut considérée comme un symbole de l’oppression infligée à Londres par la classe dirigeante. Le château fut utilisé comme prison dès 1100. Il servait également de grand palais et de résidence royale.

[2] Jeanne Grey

[3] L’abbaye de Westminster est l’un des édifices religieux les plus célèbres de Londres. Sa construction date pour l’essentiel du 13ème siècle, sous Henri III. C’est le lieu de sépulture d’une partie des rois et reines d’Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres. Le « Coin des poètes » fait honneur aux écrivains du royaume. La quasi-totalité des couronnements des monarques anglais a eu lieu dans cette abbaye.

[4] La maison de Lancastre est une branche cadette de la dynastie Plantagenêt qui a combattu la maison d’York lors de la guerre des Deux Roses. Son emblème est la rose rouge.

[5] La guerre des Deux-Roses désigne un ensemble d’affrontements, constituant globalement une guerre civile discontinue, qui eut lieu en Angleterre entre la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York. Elle est appelée ainsi en référence aux emblèmes des deux maisons, la rose rouge de Lancastre et la rose blanche d’York ; cette référence ne se fait pour autant qu’a posteriori, la rose de Lancastre n’ayant été utilisée comme emblème pour cette maison qu’à partir de 1485, à la dernière bataille du conflit. Cette guerre des roses est liée aux droits de succession de la couronne d’Angleterre. Elle débute en 1455 et prend fin en 1485, quand le dernier des rois de la maison d’York, Richard III, meurt sur le champ de bataille et que Henri Tudor devient roi sous le nom d’Henri VII, fondant la dynastie des Tudor. Il réunit ainsi les deux maisons royales issues de la même branche en se mariant à Élisabeth d’York, et permet la fin de la guerre entre les maisons de Lancastre et d’York ; il choisit également pour emblème la rose Tudor, qui fusionne les deux autres.

[6] Le titre de prince de Galles est traditionnellement attribué au fils aîné et héritier du monarque du Royaume-Uni (initialement à l’héritier du roi d’Angleterre, puis à l’héritier du roi de Grande-Bretagne), depuis le début du 14ème siècle et la conquête du pays de Galles par le roi Édouard 1er. Le premier prince de Galles est Owain Gwynedd, qui établit le titre pour proclamer son indépendance et son importance au pays de Galles. Le dernier prince de Galles indigène à régner avant la domination anglaise est Llywelyn ap Gruffydd, tué par des soldats anglais en 1282. Cependant, Owain Glyndŵr, qui mène la guerre d’indépendance galloise la plus réussie au 15ème siècle, est le souverain effectif du pays de Galles durant une courte période, et peut donc être considéré comme le dernier roi gallois à se faire appeler ainsi

[7] Le Duché de Bretagne est un duché féodal qui a existé de 939 à 1547. Son territoire, partie de celui de l’ancienne Armorique, correspond à la région Bretagne actuelle avec une grande partie du département de la Loire-Atlantique où se trouvent la ville de Nantes et l’ancien pays de Retz. Le duché s’est trouvé, au fil des siècles, dans les zones d’influence du duché de Normandie, du royaume de France et du royaume d’Angleterre. À plusieurs reprises, les ducs ont essayé de se détacher de ces influences. Succédant au royaume de Bretagne, le duché naît en 936, en plein cœur de l’occupation de la Bretagne par les troupes viking du chef Incon. Alain Barbetorte, petit-fils du dernier roi de Bretagne Alain 1er Le Grand, libère le pays du joug normand et devint alors le premier duc de Bretagne. Pendant près de trois siècles, du 10ème siècle au 12ème siècle, les grandes maisons comtales bretonnes (Nantes, Rennes, Cornouaille) se disputent ardemment le pays breton et finissent par posséder le duché les unes après les autres.

[8] Le château de Ludlow est un château fort en ruines du comté anglais de Shropshire. Cette forteresse, qui surplombe la vallée de la Teme à Ludlow, était au Moyen Âge une place forte stratégique pour le contrôle des marches galloises, et elle fut par intermittence le siège du gouverneur anglais du pays de Galles. Le château fut probablement édifié sur ordre de Gautier de Lacy à la fin du 11ème siècle. Il demeura possession de la famille de Lacy jusqu’en 1115, année où Hugues de Lacy mourut sans descendance. Le fief fut alors réquisitionné par le roi d’Angleterre. Lorsque Pain fitzJohn épousa une nièce de Hugues de Lacy, Sybille, il acquit la plus grosse part de l’héritage des De Lacy. Puis au cours de la guerre civile, un des cousins de Sybille, Gilbert de Lacy, éleva des prétentions à l’héritage familial. Tout au long du conflit, le château changea plusieurs fois de main, jusqu’à ce que Gilbert reprenne finalement le contrôle du château de la famille de Lacy. À la fin du 12ème et au début du 13ème siècle, le château de Ludlow fut confisqué par la Couronne à plusieurs reprises afin de s’assurer de la loyauté des barons de Lacy. Cette famille demeura néanmoins propriétaire en titre de la forteresse jusqu’au 14ème siècle, avant qu’elle échoie aux comtes de Mortimer par alliance. Au tout début du 14ème siècle, le château fut agrandi pour en faire le palais de Roger Mortimer, 1er comte de March, alors le plus puissant seigneur d’Angleterre.

[9] Le pays de Galles est une nation constitutive du Royaume-Uni située dans l’Ouest de l’île de Grande-Bretagne. Il partage une frontière avec l’Angleterre à l’est et est bordé par la mer d’Irlande au nord et à l’ouest et le canal de Bristol au sud.

[10] En Angleterre, Lord Protecteur est un titre qui désignait le « chef du gouvernement ». De fait, le titre a connu deux significations différentes à deux moments différents. Il désigna d’abord la personne chargée de la régence au moyen age. Au 17ème siècle, il fut équivalent à celui de roi et a été utilisé durant la brève période de la république (ou « Commonwealth ») en Grande-Bretagne. Oliver Cromwell, puis son fils Richard Cromwell furent les lords protecteurs d’Angleterre, Écosse et Irlande de 1653 à 1659.

[11] L’évêque de Bath et Wells est à la tête du diocèse anglican de Bath et Wells, dans la province de Cantorbéry. Sa cathédrale se trouve à Wells. L’une de ses tâches consiste à escorter le souverain britannique lors de son couronnement et d’acter comme garde du corps durant la cérémonie (avec l’évêque de Durham).

[12] La maison d’York est une branche cadette de la dynastie Plantagenêt qui a combattu la maison de Lancastre lors de la guerre des Deux Roses. Son emblème est la rose blanche.