22 septembre 480 av. jc : Grande victoire des Athéniens à Salamine
Introducton
Non contents d’avoir été battus à Marathon, les Perses [1] engagent 10 ans plus tard une deuxième guerre contre Athènes [2] et ses alliés de la Ligue hellénique [3], parmi lesquels Sparte [4].
Le grand et pacifique empire des Perses et des Mèdes, fondé un demi-siècle plus tôt par Cyrus le Grand, ne supporte pas l’arrogance des petites cités belliqueuses de la péninsule grecque.
Cette deuxième guerre médique [5] s’achève le 22 septembre de 480 av. jc, par la victoire inattendue de la flotte athénienne dans le détroit de Salamine [6]. Le premier récit détaillé de cette histoire nous est donné par le chroniqueur Hérodote.
Xerxès fait fouetter la mer
Xerxès, fils de Darius 1er, a préparé dès 486 av. jc l’offensive contre les Grecs en rassemblant une armée considérable de peut-être 300.000 hommes. Les cités grecques d’Ionie [7], tributaire du souverain, se sont vues imposer le financement d’une flotte de 1200 navires de guerre et 3000 navires de transport.
L’affaire n’a rien d’une guerre entre nations ! Le Rois des Rois [8] dispose de contingents venus de tout son empire, duNil à l’Indus [9], et même d’Érytrée [10], des bords de la mer Rouge [11]. Il compte également des Grecs. C’est que la grande majorité des cités persistent à lui faire allégeance, à commencer par celles d’Ionie (Asie mineure). Idem pour la Macédoine [12], la Thessalie [13], Thèbes [14], rivale d’Athènes, Argos [15], rivale de Sparte.
Xerxès 1er, homme intelligent et fin, a lui-même pour principal conseiller un Grec du nom de Démarate , rien moins qu’un ancien roi de Sparte, chassé de son pays suite à une querelle avec le 2ème roi, Sparte avait la particularité d’avoir 2 rois simultanément.
Le 20 mai 480 av. jc., les troupes perses traversent l’Hellespont [16], bras de mer qui sépare l’Asie de l’Europe, entre la mer Égée [17] et la mer de Marmara [18].
Selon le récit d’Hérodote, une tempête ayant détruit les ponts provisoires installés sur le détroit, Xerxès donne l’ordre de flageller la mer afin de la punir.
Héroïsme de Léonidas : la légende
Après cet épisode, les hostilités débutent par une double offensive terrestre et navale.
L’armée perse pénètre dans le massif montagneux de l’Oeta [19]. Là, dans le défilé des Thermopyles [20] qui donne accès à la péninsule grecque et borde la mer Égée, elle se heurte à la résistance de quelques milliers de soldats grecs sous le commandement du général spartiate Léonidas. Mais un habitant de la région, du nom d’Éphialtès, dévoile aux Perses un sentier qui permet à 10 000 Immortels [21] de contourner le défilé et prendre les Grecs à revers.
Il ne reste bientôt plus, face aux Perses, que 300 hoplites [22] de Sparte ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies [23] venus en renfort. Ils sont tués jusqu’au dernier ou presque.
Ce premier échec va être transcendé par les Grecs en acte héroïque, voire en victoire. Hérodote va, le premier, expliquer que les Spartiates se sont fait tuer pour retarder l’avance des Perses et laisser aux autres Grecs le temps de se préparer à la guerre. Une inscription sera plus tard gravée sur la pierre en leur souvenir : “Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à ses lois”.
Dans le même temps, la flotte grecque, forte de près de 300 trières [24], se heurte non loin de là, au cap Artémision [25], à la flotte perse. Elle bat en retraite au terme d’une bataille indécise.
Thémistocle, celui qui dit non
La Béotie [26] et l’Attique [27] sont désormais menacées d’invasion et la plupart des Grecs se replient derrière le détroit de Corinthe [28], dans le Péloponnèse [29], où ils se préparent à une ultime résistance.
Face aux Perses de Xerxès, la Grèce semble défaite.
C’est compter sans la détermination de Thémistocle. Devenu archonte [30] d’Athènes peu après la bataille de Marathon, cet homme pourvu d’un sens politique aigu a compris que l’avenir de sa cité se jouerait sur l’eau. Il a convaincu l’assemblée du peuple de construire une flotte de guerre dont il entend se servir pour résister aux envahisseurs.
Comme Athènes, à l’image des autres cités antiques, ignore l’impôt sur le revenu, il finance la flotte [31] en accaparant les revenus des mines d’argent du Laurion [32], au sud de l’Attique, près du cap Sounion [33]. Ces revenus tirés de la location des mines à des exploitants privés étaient auparavant redistribués aux citoyens.
Par des mesures fiscales, Thémistocle oblige d’autre part les riches Athéniens à aménager à leurs frais le port du Pirée [34]. Il fait enfin construire les Longs Murs, des fortifications destinées à protéger les communications entre le port et la cité.
L’audace de Thémistocle, chef du parti populaire*, ne rencontre plus de bornes avec l’ostracisme [35] qui frappe en 482 av. jc son rival Aristide, le chef du parti aristocratique [36].
La ruse contre la force
À l’approche des Perses, Thémistocle convainc les habitants d’abandonner leur ville avec la complicité des prêtres de la déesse Athéna et sur la foi d’un oracle ambigu de la Pythie de Delphes qui évoque un rempart de bois [37].
Les familles se réfugient dans la ville voisine de Trézène [38] tandis que les hommes en âge de combattre embarquent sur les trières.
C’est le moment où déboule l’armée perse. Elle occupe l’Attique, la province d’Athènes, et pénètre dans la cité qu’elle pille et brûle, détruisant notamment le temple de l’Erechtéion [39] sur l’Acropole [40].
Les quelques Athéniens qui avaient refusé de suivre Thémistocle sont massacrés sans façon.
La flotte de Xerxès, forte de plus d’un millier de navires, mouille dans le port du Phalère [41], non loin d’Athènes. Pendant ce temps, les 380 trières de la flotte athénienne se mettent à l’affût dans le détroit qui sépare l’Attique de l’île de Salamine.
Par une nouvelle ruse, Thémistocle envoie son propre esclave auprès de Xerxès. Se faisant passer pour traître, l’esclave explique au Roi des Rois que les Grecs sont terrorisés et s’apprêtent à fuir dès la nuit suivante. Ce n’est à vrai dire qu’un demi-mensonge car les Athéniens et leurs alliés, à l’exception de Thémistocle, n’en mènent pas large.
Xerxès ordonne à sa flotte de se déployer à l’entrée du détroit. Cette manoeuvre a l’effet de renforcer la détermination des Athéniens. Et, au petit matin, les Perses voient avec effarement la flotte ennemie se ruer à leur rencontre.
Indisposés par l’étroitesse de la passe, les navires perses manoeuvrent dans la plus grande confusion. Alors s’engage pour Athènes le combat de la dernière chance.
8 ans après, en 472 av. jc, le poète Eschyle en a fait le récit dans sa tragédie “Les Perses”.
Xerxès assiste de la rive à la déconfiture de sa flotte. Craignant que son armée ne soit privée de ravitaillement et que les Grecs ne lui coupent la route du retour, il se hâte de rejoindre l’Hellespont avec ses derniers navires. Il laisse toutefois en Grèce une armée de 300.000 hommes sous le commandement de son beau-frère, Mardonios. Celle-ci est défaite l’année suivante par les Grecs, à Platées [42], en Béotie, sous le commandement du roi de Sparte, Pausanias.
Dans le même temps, une flotte grecque débarque en Asie mineure [43], sous le commandement du stratège [44] Xanthippe, père du grand Périclès. Elle défait une armée perse au cap Mycale [45], près de Milet [46]. Les villes grecques d’Ionie [47] retrouvent leur liberté. C’en est fini de la menace perse.
Thémistocle n’est pas pour autant récompensé. Par son manque d’intérêt pour la culture élitiste, son goût du luxe, sa cupidité et son cynisme, il indispose ses concitoyens au point que ceux-ci l’ostracisent [48], vers 476. Il se réfugie à Argos [49] puis à la cour du roi perse Artaxerxès 1er, fils de Xerxès, son ancien ennemi !
Notes
[1] La Perse désigne le territoire gouverné par les rois achéménides. L’apogée de la Perse antique est représentée par la dynastie achéménide, dont les conquérants Darius 1er et Xerxès 1er ont étendu le territoire allant jusqu’en Inde. Convoitée, cette région sera ensuite conquise par Alexandre le Grand au 4ème siècle av. jc, par les Parthes dans la seconde moitié du 3ème siècle av. jc, par les troupes musulmanes au 7ème siècle, par Gengis Khan au 13ème siècle, par Tamerlan au 14ème siècle.
[2] Athènes est l’une des plus anciennes villes au monde, avec une présence humaine attestée dès le Néolithique. Fondée vers 800 av. jc autour de la colline de l’Acropole par le héros Thésée, selon la légende, la cité domine la Grèce au cours du 1er millénaire av. jc. Elle connaît son âge d’or au 5ème siècle av. jc, sous la domination du stratège Périclès
[3] une alliance formée en 481 av. jc contre les Perses
[4] Sparte était une ville-état de premier plan dans la Grèce antique . Dans l’Antiquité, la ville-état était connue sous le nom de Lacedaemon, tandis que le nom de Sparte désignait son établissement principal sur les rives de la rivière Eurotas en Laconie, dans le sud-est du Péloponnèse. Vers 650 av. jc, elle est devenu la puissance terrestre militaire dominante dans la Grèce antique. Compte tenu de sa prééminence militaire, Sparte fut reconnu comme le chef de file des forces grecques combinées pendant les guerres gréco-perses. Entre 431 et 404 av. jc, Sparte fut le principal ennemi d’ Athènes pendant la guerre du Péloponnèse
[5] La seconde guerre médique désigne la seconde invasion perse de la Grèce en 480-479 av. jc pendant les guerres médiques, alors que le roi Xerxès 1er cherche à conquérir toute la Grèce.
[6] Salamine est une île grecque de l’Attique, fermant la baie d’Éleusis dans le golfe Saronique, dont elle est la plus grande île.
[7] L’Ionie est une région du monde grec antique située à l’ouest de l’Asie mineure, entre Phocée et Milet. Elle correspond à la région située dans un rayon de 170 km autour de la ville actuelle d’Izmir. Elle emprunte son nom à Ion, ancêtre légendaire des peuples de cette région. C’est en Ionie que se sont développées les premières formes de science de la philosophie en Occident, chez les penseurs appelés Présocratiques. Les côtes ioniennes présentent beaucoup d’avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l’établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l’arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l’élevage des chevaux, des plateaux pour l’élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. Dans l’Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux 7ème et 6ème siècle av. jc, elle appartient à une ensemble plus vaste appelé « Grèce d’Asie » ou « Grèce de l’Est ».
[8] titre officiel du souverain achéménide
[9] L’Indus connu sous le nom de Sindh ou Sindhu dans l’Antiquité est un fleuve d’Asie qui a donné son nom à l’Inde. Il coule depuis l’Himalaya en direction du sud-ouest et se jette dans la mer d’Arabie. L’Indus fait partie des sept rivières sacrées de l’Inde.
[10] État souverain situé en Afrique de l’Est. Il s’agit du pays le plus septentrional de la Corne de l’Afrique. Le pays a des frontières terrestres longues de 1 840 km avec Djibouti au sud-est, l’Éthiopie au sud et le Soudan à l’ouest, auxquelles s’ajoutent les frontières maritimes avec l’Arabie saoudite et le Yémen, en plus de celles avec Djibouti et le Soudan. L’Érythrée connaît une histoire à part entière dès le 12ème siècle av. jc avec le royaume de Saba ; 2 siècles plus tard, le royaume D’mt s’établit au centre de l’actuel territoire sur une période de 5 siècles. C’est avec l’empire d’Aksoum, dès le 1er siècle av. jc, que les prémices d’un territoire érythréen voient le jour dans un espace territorial s’étalant du sud-est de l’actuelle Égypte à l’actuel Somaliland. Le territoire fut rattaché par la suite à l’empire éthiopien jusqu’à l’arrivée des italiens en Afrique orientale.
[11] La mer Rouge est une mer intracontinentale du bassin Indo-Pacifique entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient d’une superficie d’environ 450 000 km². C’est une mer d’une grande importance stratégique et commerciale qui permet aux navigateurs en provenance de la mer Méditerranée et à destination de l’océan Indien, ou vice-versa, de ne pas être contraints de faire le tour de l’Afrique.
[12] Le royaume de Macédoine est un État antique situé au nord de la Grèce correspondant aujourd’hui principalement à la Macédoine grecque. Il est centré sur la partie nord-est de la péninsule grecque, bordé par l’Épire à l’ouest, la Péonie au nord, la Thrace à l’est et la Thessalie au sud. Royaume périphérique de la Grèce aux époques archaïque et classique, il devient l’État dominant du monde grec durant l’époque hellénistique. L’existence du royaume est attestée au tout début du 7ème siècle av. jc avec à sa tête la dynastie des Argéades. Il connaît un formidable essor sous le règne de Philippe II qui étend sa domination sur la Grèce continentale en évinçant Athènes et la ligue chalcidienne pour ensuite fonder la Ligue de Corinthe. Son fils Alexandre le Grand est à l’origine de la conquête de l’immense empire perse et de l’expansion de l’hellénisme en Asie à la fin du 4ème siècle av. jc. Après sa mort, la Macédoine passe brièvement sous la tutelle des Antipatrides dans le contexte des guerres des diadoques. En 277, la royauté échoit à Antigone II Gonatas qui installe la dynastie des Antigonides qui règne jusqu’en 168, date à laquelle la Macédoine est conquise par les Romains. En 146 la Macédoine devient une province romaine.
[13] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.
[14] Thèbes est une ville grecque de Béotie, siège d’un dème. Elle fut dans l’antiquité l’une des principales cités de Grèce, et était liée à de très nombreux mythes antiques.
[15] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.
[16] Les anciens grecs désignaient le détroit sous le nom d’Hellēspontos qui fut latinisé en Hellespont. Le détroit des Dardanelles est un passage maritime reliant la mer Égée à la mer de Marmara. Originellement, le terme de Dardanelles et d’Hellespont désignait les régions situées de part et d’autre du détroit. Par extension, le mot désigne aujourd’hui le détroit lui-même. La possession de ce détroit, comme de celui du Bosphore, permet le contrôle des liaisons maritimes entre la mer Méditerranée et la mer Noire. Le détroit est long de 61 km, mais large de seulement 1,2 à 6 km, avec une profondeur maximale de 82 m pour une moyenne de 55 m.
[17] La mer Égée est une mer intérieure du bassin méditerranéen, située entre l’Europe et la Grèce à l’ouest, et l’Asie et la Turquie à l’est. Elle s’étend de la côte thrace et du détroit des Dardanelles au nord jusqu’à la Crète au sud.
[18] c’est, aujourd’hui, le détroit des Dardanelles
[19] Le mont Œta est un sommet du massif de Pinde en Grèce. La montagne est la source du petit fleuve Asopos de Thessalie qui se jette dans le golfe Maliaque près des Thermopyles. La plus haute cime est le Pyrgos avec 2 152 mètres d’altitude, le Greveno est la seconde avec ses 2 117 mètres. Il est classé parmi les parcs nationaux de Grèce.
[20] Les Thermopyles sont un ancien passage de Grèce délimité par le golfe Maliaque au nord et le Kallidromo, un massif montagneux du Pinde, au sud. Dans l’Antiquité, le rivage se trouvait contre la falaise mais il a reculé, laissant la place à une plaine côtière étroite mais suffisamment large pour permettre le passage d’une route, d’une autoroute et d’un chemin de fer. Ce passage constituait un point stratégique dans la Grèce antique et de nombreuses batailles y ont été livrées dont la première en 480 av. jc qui a opposé les Grecs aux Perses, et la dernière en 1941
[21] soldats d’élite de la garde royale
[22] L’hoplite est un fantassin lourdement armé, par opposition au gymnète et au peltaste, armés plus légèrement.
[23] Béotie
[24] Une trière ou trirème, est une galère de combat antique, développée à partir de la pentécontère. Plus court que son prédécesseur, c’est un navire équipé d’une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval.
[25] Le cap Artémision est un cap au nord de l’Eubée, en Grèce. Une grande statue en bronze de Zeus, ou peut-être Poséidon, connue sous le nom de dieu de l’Artémision, y a été trouvée dans un bateau coulé. La bataille de l’Artémision, survenue en même temps que la bataille terrestre des Thermopyles, a eu lieu au large de ce cap.
[26] La Béotie est une région de Grèce centrale. Elle est bordée par l’Attique au sud-est, par le golfe d’Eubée à l’est, par la Phthiotide au nord, par la Phocide à l’ouest et par le golfe de Corinthe au sud. La capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).
[27] L’Attique est la région qui entoure Athènes. L’Attique s’est d’abord appelée Mopsopie L’Attique est découpée en 139 dèmes et parallèlement, en trois grands secteurs : la ville, la côte et l’intérieur. Les dèmes sont regroupés en trittyes qui elles-mêmes sont regroupées trois par trois, une de chaque secteur, pour constituer une tribu. Durant l’Antiquité, il s’agissait de l’une des plus importantes régions productrices d’huile d’olive ; huile qui était ensuite exportée par exemple vers l’Étrurie. La céramique d’Attique au 6ème siècle av. jc connaît également un certain succès.
[28] L’isthme de Corinthe est une bande de terre reliant le Péloponnèse à l’« Hellade », c’est-à-dire la Grèce continentale. Il est baigné par la mer Ionienne (golfe de Corinthe) à l’ouest et la mer Égée (golfe Saronique) à l’est.
[29] Le Péloponnèse est une péninsule grecque, qui couvre 21 379 km². Elle a donné son nom à la périphérie du même nom qui couvre une part importante de la péninsule, regroupant cinq des sept nomes modernes qui la divisent. Seuls deux nomes (l’Achaïe et l’Élide) situés au nord-ouest de celle-ci sont rattachés à la périphérie de Grèce-Occidentale.
[30] Dans la plupart des cités grecques, les archontes sont des dirigeants.
[31] au total 200 navires de guerre
[32] Le Laurion est un massif minier de Grèce, situé au sud de l’Attique, et formant grossièrement un triangle délimité au nord-ouest par le golfe d’Aghios Nikolaos, au nord-est par la baie de Daskalio, et au sud par le cap Sounion. D’une surface d’environ 210 km², la région de Laurion est reliée au reste de l’Attique, notamment les plaines de Keratea et d’Anaphlystos, par le col de Métropési. Elle a donné son nom à une commune grecque de l’Attique, près d’Athènes, cité côtière sur la mer Égée. Les mines d’argent du Laurion ont été exploitées essentiellement dans l’Antiquité, même si elles l’ont été à nouveau à la fin du 19ème siècle et au 20ème siècle par la Compagnie française des mines du Laurion. L’exploitation intense de ces mines a notablement contribué à la puissance d’Athènes à l’époque classique.
[33] Le cap Sounion est un cap de Grèce qui s’avance à 45 kilomètres au sud-est d’Athènes dans la mer Égée et qui constitue l’extrémité de l’Attique. Il est surtout renommé pour les ruines d’un temple dédié à Poséidon. La première mention du cap dans la littérature antique remonte à l’Odyssée (III, 278), qui parle du « Sounion, le saint cap d’Athènes ». Les esclaves fugitifs, venant des mines du Laurion, s’y réfugient dès le 8ème siècle av. jc. Le cap est fortifié en 413 av. jc pour protéger l’approvisionnement en blé d’Athènes.
[34] Le Pirée est le principal port d’Athènes. Il est aussi le premier port et le principal centre industriel de Grèce. Il est le point de départ des voyageurs vers les îles de la mer Égée. Il est situé dans la région d’Attique (appelée jusqu’en 2010 nomarchie du Pirée, maintenant périphérie de l’Attique), sur la côte est du golfe Saronique. Il fait partie de la zone urbaine d’Athènes, à 12 km au sud-ouest du centre de la cité. Elle est néanmoins la capitale du diocèse décentralisé d’Égée constitué de deux périphéries extérieures à son territoire.
[35] Dans la Grèce antique, l’ostracisme était un vote par lequel l’Ecclésia (l’assemblée des citoyens) prononçait le bannissement de l’un de ses citoyens, dont le nom était inscrit sur un tesson de céramique désigné par le terme ostrakon. Durant la période de bannissement, l’Ecclésia conservait ces tessons, ostraca, où figuraient les noms des exilés. Athènes et quelques autres cités, au 5ème siècle av. jc, ont instauré une institution qui permettait de bannir pendant 10 ans un citoyen, sans que celui-ci perdît ses biens. C’était une mesure d’éloignement politique, un simple vote de défiance à l’égard d’un citoyen influent soupçonné d’aspirer au pouvoir personnel : ce n’était pas une peine judiciaire, cette sanction n’étant pas une condamnation pénale : elle ne s’accompagnait pas de peine pécuniaire, et les droits civiques étaient conservés. Cette importante institution apparaît donc marquée d’un esprit d’humanité tant dans la procédure suivie que dans la peine prononcée
[36] Le parti aristocratique, dans la Rome antique, évolue au cours des siècles, mais il obéit à un certain nombre de constantes. Il est formé de patriciens, puis bientôt de nobles, hommes dont les ancêtres ont exercé une magistrature curule. C’est dans le parti aristocratique que le sénat recrute la grande majorité de ses membres, les optimates.
[37] la flotte de guerre
[38] Trézène est considérée comme la ville natale de Thésée. Poséidon disputa Trézène à Athéna. À cette occasion Zeus donna l’ordre que la cité fût partagée entre eux deux, ce qui fut désagréable à l’un et à l’autre. Dans une autre histoire, un de ses rois, Saron, emporté dans les flots par une biche (qui n’était autre qu’Artémis), donna son nom au Golfe Saronique.
[39] L’Érechthéion est un ancien temple grec d’ordre ionique situé sur l’acropole d’Athènes, au nord du Parthénon. C’est le dernier monument érigé sur l’Acropole, la célèbre colline, avant la fin du 5ème siècle av. jc et il est renommé pour son architecture à la fois élégante et inhabituelle. Il remplace le temple archaïque d’Athéna Polias qui se trouvait entre le Parthénon et l’emplacement actuel et qui fut détruit par les Persans en 480 av. jc lors des guerres médiques. Il est situé à l’emplacement de l’Acropole primitive et regroupait certaines des reliques les plus anciennes et les plus sacrées des Athéniens ; c’est à cet endroit qu’eut lieu la dispute entre Athéna et Poséidon.
[40] L’acropole d’Athènes est un plateau rocheux calcaire s’élevant au centre de la ville d’Athènes à laquelle elle a longtemps servi de citadelle, de l’Athènes antique à l’occupation ottomane, ainsi que de sanctuaire religieux durant l’Antiquité. La colline s’élève à 156 mètres. Sa partie plate s’étend sur un peu moins de 300 mètres d’est en ouest et 85 mètres du nord au sud dans son état naturel, mais les travaux du 5ème siècle av. jc l’ont élargie jusqu’à près de 150 mètres. L’Acropole n’est accessible que par le côté ouest. Le plateau a d’abord été utilisé comme habitat, puis comme forteresse, avant de devenir, au cours de l’époque archaïque, puis de l’époque classique, un grand sanctuaire principalement consacré au culte d’Athéna, comprenant plusieurs temples, dont le Parthénon, l’Érechthéion et le temple d’Athéna Nikè. Les autres monuments remarquables de l’Acropole sont les Propylées, le théâtre de Dionysos, l’odéon d’Hérode Atticus.
[41] Phalère est l’un des trois ports de la cité antique d’Athènes sur le golfe Saronique, situé sur la baie homonyme. Bien antérieur au Pirée, il est conservé après les guerres médiques mais uniquement pour les bateaux de petite taille.
[42] La bataille de Platées est la dernière grande bataille terrestre des Guerres médiques. Elle eut lieu en 479 av. jc près de la ville de Platées en Béotie et opposa une alliance des cités État grecques dont Sparte, Athènes, Corinthe et Mégare à l’Empire perse de Xerxès 1er.
[43] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie
[44] Un stratège est un membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque, qu’il soit élu ou coopté. Il est utilisé en grec pour désigner un militaire général. Dans le monde hellénistique et l’Empire Byzantin, le terme a également été utilisé pour décrire un gouverneur militaire. Dans la Grèce contemporaine (19ème siècle jusqu’à nos jours), le stratège est un général et a le rang d’officier le plus élevé.
[45] La bataille du cap Mycale est l’une des dernières confrontations entre Grecs coalisés et Perses de la deuxième guerre médique. Elle eut lieu en 479 et tient son nom du cap au large duquel l’affrontement débuta, et qui se situe en face de l’île de Samos.
[46] ancienne cité grecque d’Ionie, aujourd’hui en Turquie
[47] L’Ionie est une région du monde grec antique située à l’ouest de l’Asie mineure, entre Phocée et Milet. Elle correspond à la région située dans un rayon de 170 km autour de la ville actuelle d’Izmir. Elle emprunte son nom à Ion, ancêtre légendaire des peuples de cette région. C’est en Ionie que se sont développées les premières formes de science de la philosophie en Occident, chez les penseurs appelés Présocratiques. Les côtes ioniennes présentent beaucoup d’avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l’établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l’arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l’élevage des chevaux, des plateaux pour l’élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. Dans l’Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux 7ème et 6ème siècle av. jc, elle appartient à une ensemble plus vaste appelé « Grèce d’Asie » ou « Grèce de l’Est ».
[48] autrement dit le condamnent à l’exil
[49] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.