Jean-Baptiste van Loo (1684-1745)
Peintre français
Né et élevé dans une dynastie de peintres d’origine néerlandaise. Auteur de nombreux portraits, tableaux d’histoire et de 5 plafonds, il voyage en Italie et en Angleterre.
Il est le frère de Charles André van Loo dit Carle van Loo , qui est aussi son disciple. Au nombre de ses disciples, on compte Michel-François Dandré-Bardon et Jean Siméon Chardin . Jean-Baptiste van Loo rentre à Aix [1] les dernières années de sa vie.
Pendant sa jeunesse à Aix, Grasse [2], Majorque [3] et Nice [4], il est initié à la peinture par son père, Louis-Abraham van Loo , fils de Jacob van Loo .
À Toulon [5] en 1706-1707, il étudie les sculptures de Pierre Puget à l’arsenal [6]. Il commence à y peindre quelques portraits et y épouse le 17 mai 1706 Marguerite Le Brun ou Brun, fille d’un avocat toulonnais. Lors de l’invasion de la ville par le duc de Savoie Victor Amédée II en 1707, van Loo émigre vers sa ville natale, où il peint deux plafonds au pavillon de Lenfant [7], qui représentent L’Assemblée des dieux et Apollon et les arts, et travaille pour plusieurs églises. L’amitié de Lenfant lui vaut d’être invité, sans doute en présence de son jeune frère Carle, à la cour de Monaco [8] où il exécute plusieurs portraits de la famille d’Antoine Grimaldi.
Il part en 1712 s’établir en Italie, à Gênes [9] puis Turin [10] en 1713, où il fait la connaissance du prince de Carignan Victor Amédée 1er de Savoie , gendre de Victor Amédée II de Savoie, qui va devenir son protecteur et qui l’envoie à Rome de 1714 à 1718.
À l’écart de l’Académie de France [11], Van Loo y fréquente les Cours de Benedetto Luti à la villa Médicis [12], copie l’Antique et laisse une Flagellation à l’église de Santa Maria in monticelli.
Après la fuite de Carignan à Paris, il décide de rentrer en France et s’arrête en 1719 à Turin, où il peint 2 plafonds au château de Rivoli [13].
De retour à Paris en 1720, la banqueroute de Law provoque sa ruine financière, l’obligeant à passer une longue période à peindre des portraits. Van Loo exécute aussi des scènes mythologiques et religieuses, un may [14] pour Saint-Germain-des-Prés [15] et le plafond de la salle des machines du Palais-Royal à Paris [16], pour le Régent. Agréé en 1722, il est finalement reçu à l’Académie le 23 février 1731 avec “Diane et Endymion”. Parmi ses nombreux travaux historiques, il participe à la restauration de la galerie François-1er au palais de Fontainebleau [17].
En 1735, il décide de quitter Paris pour retourner en Provence [18]. Mais, au bout d’un an, ayant appris que son fils, Louis-Michel van Loo est nommé à la place du premier peintre du roi d’Espagne, il retourne à Paris, puis passe plusieurs années à Londres entre 1738 et 1742, où il jouit d’une réputation exceptionnelle. Son retour en France est motivé par des raisons de santé.
En octobre 1742, après être rentré à Paris, il part pour Aix dans l’espoir d’y retrouver une meilleure santé. Il restera dans sa ville natale jusqu’à sa mort, peignant de nombreux portraits. Il installe notamment un atelier au pavillon de Vendôme [19], dont il est un temps le propriétaire. Il meurt dans sa ville natale le 19 décembre 1745. On dit qu’il est mort le pinceau à la main.
Jean-Baptiste van Loo a eu de sa femme Marguerite Le Brun 6 enfants, dont 3 peintres.
Notes
[1] Aix-en-Provence est une commune française du Sud-est de la France, dans le département des Bouches-du-Rhône, dont elle est sous-préfecture. Fondée en 122 av. jc sous le nom d’Aquae Sextiae par la garnison romaine de Gaius Sextius Calvinus, Aix devient par la suite la capitale du comté de Provence.
[2] Grasse est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes. Sous-préfecture des Alpes-Maritimes, Grasse est la cinquième ville du département en matière de population. Elle est historiquement située en Provence. Depuis le 17ème siècle, la ville est considérée comme la capitale mondiale du parfum et attire de nombreux touristes pour ses fragrances. Elle a obtenu trois fleurs au Concours des villes et villages fleuris et a été promue Ville d’Art et d’Histoire
[3] Majorque est la plus grande des îles Baléares. Elle se situe en mer Méditerranée, au large de Valence et Barcelone. Sa capitale est Palma
[4] Nice est une commune du Sud-Est de la France, préfecture du département des Alpes-Maritimes. Située à une trentaine de kilomètres de la frontière franco-italienne, elle est établie sur les bords de la mer Méditerranée, le long de la baie des Anges et à l’embouchure du Paillon.
[5] Toulon est une commune du Sud-Est de la France, chef-lieu du département du Var et siège de sa préfecture. Vauban fortifie la ville de Toulon qui reçoit l’escadre méditerranéenne de Louis XIV. Toulon est avec Brest, le seul port capable d’accueillir des grands vaisseaux de guerre aux 17ème et 18ème siècles. Ces derniers, qui sont de plus en plus lourds à cause du poids de plus en plus élevé de leur artillerie, nécessitent des tirants d’eau de plus en plus importants, soit 7 m après 1680. Le site est même meilleur que celui de Brest sous dominante de vents d’ouest, ce qui rend difficile la sortie des escadres. Toulon n’a pas ce problème, mais la Méditerranée est une mer presque fermée, et en cas de guerre, l’escadre de Toulon doit contourner l’Espagne pour rejoindre celle de Brest, ce qui demande beaucoup de temps. Après 1704, s’ajoute le risque d’être repéré et attaqué par les forces anglaises de Gibraltar au moment du passage dans l’Atlantique, comme ce fut le cas en 1758 et 1759 lors de la guerre de Sept Ans.
[6] Le port militaire de Toulon est une base navale française sur la façade méditerranéenne, constituée d’un ensemble d’infrastructures terrestres et maritimes occupant une grande partie de la rade de Toulon, chef-lieu du département du Var. C’est la principale base navale française, avant celle de Brest et celle de Cherbourg. Constituant la plus grande base de Défense de France depuis le 1er janvier 2011, elle est soutenue par le groupement de soutien de la base de défense de Toulon créé à la même date. Sous Louis XIV, le ministre Colbert décida que le commerce serait donné à Marseille et que Toulon deviendrait un port de guerre. Vauban fortifie la ville et crée la Darse Neuve, actuellement « Castigneau », où les rois de France basent les galères méditerranéennes de leur Flotte du Levant ; pour garnir les chiourmes et entretenir routes et remparts, la ville abrite aussi un bagne. La construction de l’arsenal du Mourillon démarre au début du XIXe siècle et accueille jusqu’au XXe siècle les entrepôts où l’on conserve les bois pour la construction des vaisseaux de la Marine royale.
[7] Le pavillon de Lenfant (aussi écrit de Lanfant) est bâti par Simon Lenfant, Commissaire général des guerres de Louis XIV en 1685. Le peintre aixois Jean-Baptiste van Loo y a réalisé au siècle suivant des plafonds à fresques. les bassins et fontaines ont été réalisés par les frères Escursan, fontainiers d’ Aix, au début du 18ème siècle.
[8] La principauté de Monaco est un État d’Europe de l’Ouest, ainsi qu’une commune du même nom occupant la même superficie que l’État lui-même ce qui en fait une cité-État. Monaco obtient officiellement son indépendance du Saint Empire romain germanique tout en devenant un protectorat espagnol en 1524. En tant qu’empereur du Saint Empire, Charles Quint reconnut la souveraineté de Monaco, tout en lui accordant sa protection en tant que roi catholique espagnol. Charles Quint en signe d’amitié pour son nouvel allié fit un bref séjour à Monaco du 5 au 9 août 1529 en se rendant en Italie pour recevoir des mains du pape la couronne d’empereur des Romains. Le 14 septembre 1641, le traité de Péronne est signé entre le roi de France Louis XIII et Honoré II de Monaco. Ce traité, qui comporte 14 articles, met fin au protectorat espagnol et replace la principauté de Monaco dans la mouvance française. En compensation de la confiscation de ses biens en pays espagnol Louis XIII octroie à Honoré II les fiefs du Valentinois, de Carladès, des Baux, de Saint-Rémy. Le 14 février 1793, la Convention nationale décréta que « la ci-devant principauté de Monaco est réunie au territoire de la République (française), et fait partie du département des Alpes-Maritimes ». La ville est ensuite placée sous protectorat du royaume de Sardaigne par le congrès de Vienne jusqu’en 1860. Enfin, en 1861, un traité franco-monégasque assure la souveraineté de Monaco.
[9] Gênes est une ville italienne, capitale de la Ligurie, premier port italien et deuxième port de la mer Méditerranée. Gênes est située sur le golfe de Gênes, partie septentrionale de la mer de Ligurie. La ville correspond à l’inclinaison de l’arc de cercle formé à cet endroit par la côte. Au nord de la ville commencent les Apennins, débouchant à proximité sur la plaine du Pô. Gênes offre une façade méditerranéenne au nord de l’Italie, à 193 km de Nice au sud-ouest, à 155 km de Milan au nord et à 518 km de Rome au sud-est.
[10] Turin est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom et de la région du Piémont. Turin fut la capitale des États de Savoie de 1563 à 1720, du royaume de Piémont Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d’Italie de 1861 à 1865.
[11] L’Académie de France à Rome est une institution artistique française située dans la villa Médicis sur la colline du Pincio à Rome et destinée à l’accueil en résidence pour une période donnée, en son sein ou hors les murs, de jeunes artistes afin de développer leurs projets créatifs. L’Académie est souvent nommée « Villa Médicis » par métonymie, en référence au palais l’hébergeant depuis 1803.
[12] La villa Médicis est un complexe architectural italien du 16ème siècle, comportant un parc et un jardin à l’italienne de 7 hectares, situé sur le mont Pincio dans le centre historique de Rome. Elle héberge l’Académie de France à Rome et accueille des lauréats du prix de Rome depuis 1803 pour favoriser et représenter la création artistique dans tous ses domaines.
[13] Le château de Rivoli, le plus important de la ville de Rivoli en Piémont, se trouve place Mafalda de Savoie. La construction initiale remonte aux 9ème et 10ème siècles, et elle est attestée en 1159, par un document de l’empereur Barberousse qui reçoit le territoire avec l’archidiocèse de Turin. Déjà en possession de l’évêché turinois, le château de Rivoli devint, en 1280, propriété de la famille de Savoie qui l’utilisa en fonction de son importance stratégique. Le château est utilisé au 15ème siècle et durant la première moitié du 16ème siècle comme avant-poste militaire. En vertu du traité du Cateau-Cambrésis de 1559, le duc Emmanuel-Philibert de Savoie va obtenir l’évacuation des troupes françaises des États de Savoie. Mais la remise officielle de la place de Turin n’aura lieu que le 2 novembre 1562. Le duc décide donc de résider avec sa famille au château de Rivoli, lequel est restauré et modifié par son architecte Ascanio Vittozzi.
[14] Les « Mays » désignent les tableaux dont un était commandé chaque année entre 1630 et 1707 (à l’exception des années 1683 et 1694) par la corporation des orfèvres pour qu’il soit offert, dans les premiers jours de mai, à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
[15] L’abbaye Saint-Germain-des-Prés, qui comprend l’actuelle église Saint-Germain-des-Prés, est une ancienne abbaye bénédictine de Paris, située 3 place Saint-Germain-des-Prés dans l’actuel 6ème arrondissement. Fondée au milieu du 6ème siècle sous le nom de basilique Sainte-Croix et Saint-Vincent par le roi mérovingien Childebert 1er et saint Germain, évêque de Paris, elle doit son nom actuel à ce dernier. C’est une abbaye royale, qui bénéficie donc d’une exemption et est directement soumise au pape. La première église abbatiale est consacrée le 23 avril 558 à la Sainte Croix et à saint Vincent de Saragosse. Cette basilique possédait des colonnes de marbre, un plafond lambrissé et des fenêtres vitrées. Elle est nécropole royale jusqu’à la création de celle de la basilique Saint-Denis et les reliques de saint Germain y sont vénérées, mais plus aucune sépulture médiévale ne subsiste et les reliques se sont considérablement amoindries.
[16] Le Palais-Royal, ensemble monumental (palais, jardin, galeries, théâtre) au nord du palais du Louvre dans le 1er arrondissement de Paris, est un haut lieu de l’histoire de France et de la vie parisienne. Construit par Richelieu en 1628, le Palais-Cardinal, donné au roi Louis XIII en 1636, sert de résidence à Louis XIV enfant pendant les troubles de la Fronde et devient le Palais-Royal.
[17] Le château royal de Fontainebleau est un château de styles principalement Renaissance et classique, jouxtant le centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris. Haut lieu de l’histoire de France, le château de Fontainebleau a été l’une des demeures des souverains français depuis François 1er (qui en fit sa demeure favorite) jusqu’à Napoléon III.
[18] La Provence est une région historique et culturelle ainsi qu’une ancienne province dans le Sud-Est de la France, s’étendant de la rive gauche du Rhône inférieur à l’ouest, jusqu’au fleuve Var à l’est et bordée au sud par la Méditerranée. La basse vallée du Rhône connaît diverses invasions. Wisigoths et Alains pillent de nombreuses cités et descendent jusqu’à Orange et Avignon. Les Burgondes s’installent dans la région en 442, et choisissent Vienne, qui gardait son prestige de grande cité romaine, pour capitale. Avignon marqua la pointe sud de ce royaume. Les Ostrogoths fondent au sud de ce royaume Burgonde un duché dépendant de leur royaume italo-dalmate : le duché de Provence, future basse Provence ou comté de Provence (la partie burgonde deviendra elle le marquisat de Provence). Charles Martel combat le patrice de Provence, Mauronte, allié des Maures de Gothie et fait entrer définitivement la Provence dans le domaine franc en 536. En 843, le traité de Verdun donne la Provence à Lothaire 1er. Son fils Charles de Provence en fait le royaume de Provence-Viennois ou de Bourgogne cisjurane à l’existence éphémère (855-863).
[19] Le pavillon de Vendôme, aussi appelé Pavillon Vendôme ou Pavillon de La Molle, est un ancien hôtel particulier, situé dans la ville d’Aix-en-Provence. Il a deux entrées : l’une au 34, rue Célony, et l’autre au 13, rue de la Molle. Lui est attaché un jardin à la française. Dans le musée du Pavillon de Vendôme-Dobler, qu’il abrite, se tiennent, depuis les années 1990, des expositions d’art contemporain et de photographies, et de nombreuses visites touristiques.