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L’histoire pour le plaisir

René III de Froulay

jeudi 18 décembre 2025, par lucien jallamion

René III de Froulay (1648-1725)

Comte de Tessé-Lieutenant général pour les provinces du Maine, du Perche et de Laval-Maréchal de France-Général des galères de France-Premier écuyer de la Dauphine et grand d’Espagne-Chevalier de l’ordre de la Toison d’or

Arrière-petit-fils de Jean de Beaumanoir, fils de René II de Tessé et de Madeleine de Maugé il est le frère aîné de Philibert-Emmanuel de Froulay, dit le chevalier de Tessé.

René III servit comme aide de Camp du maréchal [1] François de Créquy en 1669 puis combattit au cours de la guerre de Hollande [2].

En 1674, il leva le régiment Tessé-Dragons [3]. La même année, il rejoignit l’armée du Roussillon [4] commandée par le comte de Schomberg Frédéric-Armand de Schomberg , et s’illustra à Saint-Jean-de-Pagès [5] le 26 juin.

En janvier 1675, il fut nommé pour commander la cavalerie de l’expédition de Messine [6]. En 1681, il procura à son frère le régiment Bursard Dragons [7]. En 1685, il acheta une charge révolue de général des carabins, dont le roi lui fit une charge de mestre de camp général des dragons [8].

À la révocation de l’édit de Nantes [9] en 1685, il fut chargé des dragonnades [10] dans la principauté d’Orange [11]. En 1686, il commandait en chef dans le Languedoc [12] et le Dauphiné [13]. Il obtint le grade de maréchal de camp [14] en 1688, puis de colonel général [15] des dragons en 1692, succédant à Louis François de Boufflers.

Au cours de la guerre de la Ligue d’Augsbourg [16], sous les ordres du général Joseph de Montclar et avec le concours d’ Ezéchiel de Mélac , il joua un rôle de premier plan dans le sac du Palatinat [17], ordonnée par Louvois en janvier/février 1689. Dans les derniers mois de la guerre, il soutint avec succès le siège du fort de Pignerol [18] en Valteline [19] en 1693.

Lors de la guerre de Succession d’Espagne [20] en 1702, il défendit Mantoue [21] assiégée et reçut 3 blessures. Il obtint la distinction de maréchal de France en 1703 et fut nommé général en chef des armées d’Espagne l’année suivante en remplacement du duc de Berwick Jacques Fitz-James . À ce poste, son premier ordre fut de lever le siège de Gibraltar [22], opération coûteuse qui, au début de l’année 1705, n’avait porté aucun fruit.

Il s’appliqua ensuite à repousser l’invasion anglo-portugaise dirigée par Henri de Massué. Tessé laissa du terrain aux envahisseurs, puis les vainquit à Badajoz [23] et à Alcántara [24].

En 1706 il se consacra au siège de Barcelone [25], ville cernée par voie de mer par l’escadre du Comte de Toulouse Louis-Alexandre de Bourbon . Malgré une puissance de feu inadaptée, les Français parvinrent à pratiquer 3 brèches dans les fortifications. Mais avant que Tessé se soit décidé à attaquer la ville, une flotte de secours commandée par John Leake fut annoncée, provoquant la fuite de l’escadre du comte de Toulouse le 10 mai.

Tessé leva promptement le siège dans la nuit du 11 au 12 mai, abandonnant sur place des blessés, des canons, et des caisses de munition.

Ce repli fut sévèrement blâmé par le ministère et Tessé fut relevé de son commandement.

Mais en 1707, il tint en échec Eugène de Savoie-Carignan au Siège de Toulon [26]. Le généralissime autrichien avait traversé le Var le 11 juillet et, malgré le dilettantisme de Victor Amédée II de Savoie, avait atteint Fréjus [27] le 16, faisant sa jonction avec l’Anglais Shovell et la flotte anglaise. Mais l’attentisme du duc de Savoie ralentit à nouveau la progression vers l’arsenal de Méditerranée, et laissa aux troupes du maréchal de Berwick, stationnées en Espagne, suffisamment de temps pour appuyer le maréchal de Tessé avant l’arrivée des assaillants le 26 juillet.

Le 14 août, Tessé reprit les hauteurs de Sainte-Catherine, que les Impériaux avaient prises la semaine précédente ; le prince Eugène, voyant ses arrières près d’être coupés et réalisant la distance qui restait à franchir pour assiéger Toulon, n’eut plus qu’à renoncer à son offensive le 22 août, et repassa le Var [28], perdant 10 000 hommes dans cette équipée. Le seul bénéfice de cette campagne fut le sabordage de 50 vaisseaux, que les Français avaient entrepris de peur que l’ennemi ne s’empare de cette flotte, ce qui mit pour longtemps un terme à leur influence en Méditerranée.

En 1712, René de Tessé fut nommé général des galères, charge dont il se démit en 1716 pour entrer au conseil de la Marine [29] le 29 août 1696, et au mariage du duc de Bourgogne avec Marie-Adélaïde de Savoie.

En 1708 il fut nommé ambassadeur à Rome, puis en 1723 en Espagne, où il persuada l’ancien roi Philippe V d’Espagne de remonter sur le trône, son fils et successeur Louis 1er d’Espagne venant de décéder.

René de Tessé se démit l’année suivante de sa charge d’ambassadeur en faveur de son fils.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia René de Froulay de Tessé/ Portail de l’histoire militaire/ Maréchal de France nommé sous le règne de Louis XIV

Notes

[1] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[2] La guerre de Hollande se déroule de 1672 à 1678. Elle oppose la France et ses alliés (Angleterre, Münster, Liège, Bavière, Suède) à la Quadruple-Alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Brandebourg et la Monarchie espagnole. Triomphant de ses adversaires, la France, par le traité de Nimègue qui met fin à la guerre, confirme son rang de première puissance européenne en acquérant la Franche-Comté et de nombreuses places-fortes flamandes.

[3] Le 10e régiment de dragons (ou 10e RD), est une unité de cavalerie de l’armée française, créée sous la Révolution à partir du régiment Mestre de Camp Général dragons, un régiment de cavalerie français d’Ancien Régime et dissoute en 1962.

[4] La province du Roussillon ou simplement, en l’absence d’équivoque, le Roussillon est une ancienne province du royaume de France, qui existe de 1659 jusqu’à la création du département des Pyrénées-Orientales en 1790. La province recouvre les trois vigueries du Roussillon, du Conflent et de Cerdagne, c’est-à-dire la partie du gouvernement des comtés du Roussillon et de Cerdagne cédée à la France par le traité des Pyrénées. Dépourvu d’états provinciaux, le Roussillon est un pays d’imposition. Une assemblée provinciale, l’assemblée provinciale du Roussillon, n’est créée que le 15 août 1787.

[5] Saint-Jean-Pla-de-Corts

[6] Messine est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom en Sicile. Messine est située à l’extrémité nord-est de la Sicile, sur la rive occidentale du détroit de Messine qui sépare la péninsule italienne (la pointe de Calabre) de la Sicile. La ville de Reggio di Calabria est située de l’autre côté du bras de mer.

[7] L’origine du 20e Dragons remonte au 11 décembre 1675 quand le Comte de Nancré - gouverneur d’Ath décide de créer pour lui-même un régiment. Cela était une pratique courante pour l’époque. Un an plus tard, le Comte vend l’agrément de levée qu’il avait reçu du Roi à M. de Bursard, alors capitaine d’une compagnie franche et le régiment achève sa formation par le recrutement de compagnies supplémentaires à Maestricht. En 1681, après la mort de Bursard, le régiment devient la propriété du Comte de Tessé et on le retrouve en 1683 au camp de la Saône et en 1684 au siège de Luxembourg.

[8] Le mestre de camp général est un officier de l’armée française d’ancien Régime. Il n’y a que deux mestres de camp généraux : celui de la cavalerie et celui des dragons. Chacun des deux possède un régiment appelé Mestre de Camp Général. Le détenteur de la charge a le second rang après le colonel général de son arme, et il peut diriger la cavalerie de l’armée où il se trouve. Dans les faits, les prérogatives du mestre de camp général sont très limitées par le commandement et surtout par l’existence d’un corps d’inspecteurs qui exercent le contrôle administratif et disciplinaire. La charge de mestre de camp général est donc principalement honorifique. Vénale (c’est-à-dire librement achetable et transmissible), elle permet d’occuper rapidement une position élevée dans l’armée. Le mestre de camp général a le droit d’entourer son écu de quatre étendards.

[9] L’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume. L’édit de 1685, qui consiste à interdire le culte protestant en France, est plus connu sous le nom de « révocation de l’édit de Nantes ».

[10] Les dragonnades sont les persécutions dirigées sous le règne de Louis XIV contre les communautés protestantes du royaume de France durant les années 1680, avant et après la révocation en 1685 de l’édit de Nantes (1598), qui avait autorisé le protestantisme et le culte protestant. Ces persécutions, destinées à inciter les protestants à se convertir au catholicisme, furent de nouveau utilisées à l’occasion sous le règne de Louis XV.

[11] La principauté d’Orange est une ancienne principauté souveraine créée en 1181, date à laquelle Bertrand 1er des Baux fait reconnaître son titre de prince par l’empereur Frédéric 1er Barberousse. Elle était presque entièrement enclavée dans le Comtat Venaissin et avait sa capitale dans la ville d’Orange, dans l’actuel département de Vaucluse.

[12] Le Languedoc est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut Languedoc, qui correspond approximativement à l’actuelle région Midi-Pyrénées, et Bas Languedoc, qui correspond approximativement à l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Le Languedoc fait partie de l’Occitanie, vaste espace géographique de langue d’oc. Le territoire du Languedoc (région où l’on parle la langue d’oc) est rattaché au domaine royal au 13ème siècle à la suite de la croisade contre les Albigeois mettant fin au catharisme. Le territoire sous contrôle des États de Languedoc s’est ensuite progressivement réduit à l’ancienne province du Languedoc. C’est en 1359 que les villes des trois sénéchaussées de Beaucaire, Carcassonne et Toulouse concluent entre elles une « union perpétuelle » puis exigent des officiers royaux d’être « convoquées ensemble » et non plus séparément, par sénéchaussée. Vers la fin du 14ème siècle, pays des trois sénéchaussées, auquel le nom de Languedoc allait être réservé, désigne les deux sénéchaussées de Beaucaire Nîmes et de Carcassonne et la partie occidentale de celle de Toulouse, conservée au traité de Brétigny. Le pays de Foix, qui relève de la sénéchaussée de Carcassonne jusqu’en 1333 puis de celle de Toulouse, cesse d’appartenir au Languedoc. En 1469, le Languedoc est amputé de presque toute la partie de la sénéchaussée de Toulouse située sur la rive gauche de la Garonne. Le roi Louis XI détache les deux jugeries de Rivière (Montréjeau) et de Verdun (aujourd’hui Verdun-sur-Garonne) de la sénéchaussée toulousaine pour les incorporer au duché de Guyenne, apanagé à son frère, le prince Charles. En contrepartie, le roi incorpore au Languedoc quelques communautés d’habitants du diocèse de Comminges, situées sur la rive droite de la Garonne, connues comme le Petit Comminges

[13] Le Dauphiné est une entité historique et culturelle. Elle occupe l’ancienne province Viennoise située dans le quart sud-est de la France actuelle. Le Dauphiné de Viennois fut un État, sous l’autorité des comtes d’Albon, qui prirent le titre de dauphins, ce dernier terme ayant donné au Dauphiné son nom. Cette entité apparaît dans l’ancienne Provence, et était une subdivision du Saint Empire romain germanique, de ses origines admises au 11ème siècle, jusqu’à son rattachement en 1349 au royaume de France. Le Dauphiné de Viennois devient alors la province du Dauphiné, et conserve une certaine autonomie jusqu’en 1457.

[14] En France, une fonction de maréchal de camp fait son apparition au 15ème siècle : son titulaire a pour mission de répartir les logements des troupes et de placer celles-ci sur le champ de bataille. La fonction évolue jusqu’à la chute de l’Ancien Régime et devient un grade d’officier général : en 1789, l’armée française compte 768 maréchaux de camp ; en 1792, 12 officiers sont promus à ce grade. Le 21 janvier 1793, lors de la grande réforme de l’infanterie (« l’amalgame » des régiments de ligne et des bataillons de volontaires) due à la Convention, la dénomination de maréchal de camp est remplacée par celle de général de brigade. La dénomination de maréchal de camp est de nouveau utilisée à la place de « général de brigade » sous la Restauration et la monarchie de Juillet et disparaît définitivement en 1848

[15] En France, le colonel général est un officier général chargé de tous les régiments d’une même arme ; il est considéré comme le colonel de tous les régiments de cette arme. On trouve notamment un colonel général de l’infanterie et un de la cavalerie. Le colonel général de l’infanterie ayant trop d’importance, Louis XIV supprime sa charge en 1661 et ne nomme plus que des colonels généraux au rôle honorifique comme celui des dragons (créé en 1668), celui des Cent-Suisses et Grisons, qui a autorité sur tous les régiments de Suisses de la Maison du Roi, et celui des Gardes françaises. Lorsque la charge de colonel général de l’infanterie est supprimée, les officiers responsables des régiments, alors appelés mestres de camp, prennent nom de colonels. Comme la cavalerie conserve toujours ses colonels généraux, les chefs de régiments restent des mestres de camp.Tous les grades de colonel général sont supprimés à la Révolution, mais ils sont rétablis par Napoléon, qui nomme certains de ses maréchaux à des grades honorifiques. À la Restauration, quelques titres sont accordés à des membres de la famille royale. Après 1830, on ne trouve plus de colonels généraux.

[16] La guerre de la Ligue d’Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans, guerre de la Succession Palatine ou guerre de la Grande Alliance, eut lieu de 1688 à 1697. Elle opposa le roi de France Louis XIV, allié à l’Empire ottoman et aux jacobites irlandais et écossais, à une large coalition européenne, la Ligue d’Augsbourg menée par l’Anglo-néerlandais Guillaume III, l’empereur du Saint Empire romain germanique Léopold 1er, le roi d’Espagne Charles II, Victor Amédée II de Savoie et de nombreux princes du Saint Empire romain germanique. Ce conflit se déroula principalement en Europe continentale et dans les mers voisines, mais on y rattache le théâtre irlandais, où Guillaume III et Jacques II se disputèrent le contrôle des îles britanniques, et une campagne limitée entre les colonies anglaises et françaises et leurs alliés amérindiens en Amérique du Nord. Cette guerre fut la deuxième des trois grandes guerres de Louis XIV.

[17] Le sac du Palatinat, aussi appelé second ravage du Palatinat (en référence au premier ravage, exercé en 1674 par Turenne), est une opération de destruction méthodique menée par les armées de Louis XIV en 1688/1689 dans le sud-ouest du Saint-Empire. Au printemps 1689, Louis XIV, pressé par son ministre Louvois, donne l’ordre de mettre à sac le Palatinat pour assurer une « défensive sur le Rhin ». Cette décision est considérée comme l’une des plus graves erreurs stratégiques du roi de France puisque la plupart des princes allemands se rallient à la bannière du Saint-Empire Habsbourg et renforcent par la même occasion le parti anti-français en Europe.

[18] Pignerol est une ville italienne de la province de Turin, dans la région du Piémont. Du 12 au 16ème siècles, l’église vaudoise en fit son centre religieux. La ville fut française à différentes époques avant d’être savoyarde puis italienne. Conquise en 1630, la ville et ses environs sont attribués à la France par le traité de Cherasco le 30 mai 1631. Pignerol est soigneusement fortifiée par Jean de Beins, et constitue jusqu’à la fin du siècle une défense importante du royaume de France.

[19] La Valteline est une région d’Italie du nord, limitrophe de la Suisse, qui correspond approximativement à la vallée de la rivière Adda et de ses affluents. La Valteline fait partie de la Lombardie et, plus particulièrement, de la province de Sondrio, sa ville principale. Elle s’allonge du nord-est (massif de Bormio) vers le sud-ouest, où la rivière Adda termine son cours en se jetant dans le lac de Côme. La Valteline appartint dès le 14ème siècle au duché de Milan. À partir de 1512, elle passa, comme Chiavenna, sous la dépendance des Trois Ligues (qui allaient plus tard devenir le canton suisse des Grisons), alliées de la Confédération des XIII cantons. Lorsque le Milanais revint aux Habsbourg, la Valteline acquit aux yeux de cette famille une importance stratégique majeure, puisqu’elle contrôlait le passage le plus direct entre l’Italie du nord et les vallées de l’Inn et du Rhin, donc vers l’Autriche et les territoires du Saint Empire romain germanique. Ce passage était devenu très important, à partir de 1601, car c’était la seule voie de communication praticable et assurée pour les Espagnols entre le Milanais, la Franche-Comté et les Pays-Bas. En effet, le traité de Lyon, qui mettait fin à la guerre franco savoyarde de 1601, qui comprenait la cession de la Bresse ne laissait plus qu’une voie de communication. C’est la raison pour laquelle, de façon répétée, ils cherchèrent à en recouvrer la souveraineté. Cependant, au moment de la Réforme protestante, la Valteline resta fidèle au catholicisme pendant que les Grisons, et particulièrement l’Engadine, adoptaient le protestantisme. Il en résulta une opposition confessionnelle marquée entre vassaux catholiques de Valteline et suzerains protestants des Grisons, opposition que tentèrent d’exploiter à leur profit, avec un résultat médiocre, les Habsbourg, qui trouvèrent notamment sur leur route, durant la guerre de Trente Ans, l’allié stratégique des ligues grisonnes, la France de Louis XIII, Richelieu et le Père Joseph.

[20] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[21] Mantoue est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom en Lombardie, région de la plaine du Pô. Gouvernées par la maison de Gonzague, Mantoue et Sabbioneta sont liées par une même histoire mais aussi par une tradition urbanistique, architecturale et artistique commune fondée sur les principes de la Renaissance italienne.

[22] Gibraltar est un territoire britannique d’outre-mer, situé au sud de la péninsule Ibérique, en bordure du détroit de Gibraltar qui relie la Méditerranée à l’océan Atlantique. Il correspond au rocher de Gibraltar et à ses environs immédiats et est séparé de l’Espagne par une frontière de 1,2 kilomètre. Gibraltar est possession du Royaume-Uni depuis 1704. Au début du 8ème siècle, dans le cadre de la conquête musulmane de l’Espagne wisigothique, le chef Tariq ibn Ziyad y établit une tête de pont en Europe, donnant son nom au rocher. Le site est conquis, en 1309, par le royaume de Castille, puis repris par le général mérinide Abd-el-Melek en 1333 expulsant les Castillans. En 1374, les Mérinides cèdent le rocher au royaume de Grenade. Gibraltar est définitivement reconquis par Ferdinand V en 1492.

[23] Badajoz est une ville de la communauté autonome espagnole d’Estrémadure (Espagne), capitale de la province de Badajoz.

[24] Alcántara est une commune d’Espagne, dans la province de Cáceres, en Estrémadure, située sur la rive gauche du Tage.

[25] Barcelone est la capitale administrative et économique de la Catalogne, de la province de Barcelone, de la comarque du Barcelonès ainsi que de son aire et de sa région métropolitaines, en Espagne. Lors de la guerre de Succession (1701-1714), Barcelone, comme la plupart de la Catalogne, prit le parti de l’archiduc Charles contre le roi Bourbon, Philippe V. Après le siège de 1697, la ville s’ouvre à l’armée de l’archiduc et le proclame roi sous le nom de Charles III. Barcelone est assiégée par les Franco-Espagnols en 1705 et 1706, puis à nouveau de juillet 1713 à septembre 1714. La capitulation a pour conséquence, dans le cadre de la politique centralisatrice et répressive des Bourbon, la disparition des institutions propres à la Catalogne (conseil de Cent et Generalitat).

[26] Le siège de Toulon eut lieu du 29 juillet au 21 août 1707 pendant la guerre de Succession d’Espagne.

[27] Fréjus est une commune française située dans le département du Var. ville romaine fondée en 49 av. jc pour s’opposer à la toute-puissance de Massilia, puis colonie voulue par Auguste en 27 av. jc sous le nom de Colonia Octavanorum pour accueillir les vétérans de la Legio VIII Augusta. Équipée sous Tibère, elle déclina jusqu’au 4ème siècle, date de la constitution de l’évêché, deuxième de France après Lyon

[28] Le Var est un fleuve côtier du Sud-Est de la France se jetant dans la mer Méditerranée après avoir coulé dans les deux départements des Alpes-de-Haute-Provence et Alpes-Maritimes. Ce fleuve ne coule pas sur le territoire du département voisin auquel il a donné son nom. Il marquait la frontière entre la France et le comté de Nice appartenant alors au royaume de Sardaigne. Le pont le plus ancien qui enjambe le fleuve Var est le pont d’Entrevaux, construit entre 1655 et 1658

[29] Le Conseil de marine est l’un des conseils particuliers de la polysynodie, système de gouvernement instauré par le Régent Philippe d’Orléans au début de la Régence, de 1715 à 1718. La polysynodie lui permet d’associer la haute noblesse aux décisions politiques, en la faisant participer à 7 conseils qui assistent le Conseil de Régence. Comme les autres conseils de la polysynodie, le Conseil de marine est créé par le Régent par la déclaration du 15 septembre 1715. Il remplace le secrétaire d’État de la marine. Son chef est le comte de Toulouse, mais il est présidé par le maréchal d’Estrées. il compte 10 membres, de la noblesse d’épée mais aussi de la noblesse de robe, choisis pour tenir compte des équilibres politiques et des compétences. Ce sont tous des spécialistes des affaires maritimes. Le Conseil de marine se réunit au moins 2 fois par semaine, à Paris, comme les autres conseils de la polysynodie. Il conserve l’organisation et le personnel des bureaux de l’ancienne secrétairie d’État de la marine, dont il hérite aussi les compétences, tout en partageant certaines avec d’autres conseils. Il tranche lui-même 90% des dossiers qu’il examine, qui sont souvent liés à des questions financières, dans un contexte budgétaire très contraint. Les affaires les plus délicates sont transmises au Régent. Il intervient dans la gestion des galères et dans celle des colonies. Le Conseil de marine n’est pas supprimé comme les autres conseils de la polysynodie en 1718, mais continue alors à fonctionner jusqu’à la majorité de Louis XV, en 1723.]].

Entre 1693 et 1696 il tint avec Victor Amédée II de Savoie des pourparlers secrets qui aboutirent au traité de Turin[[Le traité de Turin du 29 août 1696 fut l’acte décisif qui mit fin momentanément aux ambitions de reconquête du duc de Savoie Victor-Amédée II de Savoie ce qui le contraignit à passer pour un temps dans l’alliance française.