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Isabelle de Foix-Castelbon

mercredi 10 décembre 2025, par lucien jallamion

Isabelle de Foix-Castelbon (1360-1428)

Comtesse de Foix-Co-princesse d’Andorre et Viguier d’Andorre-Vicomtesse de Béarn et de Marsan de 1398 à 1412-Vicomtesse de Castelbon de 1400 à 1412

Fille de Roger Bernard IV , vicomte de Castelbon [1], et de Géraude, dame de Navailles [2].

Elle épouse en 1381 Archambault de Grailly, captal de Buch [3], oncle et successeur de Jean III de Grailly, l’un des capitaines d’Édouard d’Angleterre, prince de Galles [4] et duc d’Aquitaine [5] et surnommé le Prince Noir. De ce mariage est issu la seconde maison de Foix, ou maison de Foix-Grailly.

Son frère Mathieu meurt au mois d’août 1398, et Isabelle est son héritière, mais d’une part, il y avait toujours le traité du 5 janvier 1390 par lequel Gaston III Fébus léguait tous ses États au roi de France et d’autre part le sénéchal [6] ne souhaitait pas que le comté de Foix [7] et le Béarn [8] passent sous le contrôle d’un seigneur partisan des Anglais.

Isabelle et Archambault en appellent à la justice du roi Charles VI et sont acceptés comme comte par les habitants de Foix, de Morlaas [9] et de Pamiers [10]. Le roi envoie son connétable [11], Louis de Sancerre , et le couple se réfugie dans le Béarn.

Finalement, le traité de Tarbes [12] du 10 mai 1399 confirme Archambault comme comte de Foix, mais ce dernier doit renoncer à son allégeance anglaise. En 1400, le roi Martin d’Aragon restitue à Isabelle la vicomté de Castelbon qu’il avait confisqué à Mathieu de Foix.

Archambault de Grailly meurt en 1412, et Isabelle conclut un arrangement avec son fils, lui cédant toutes ses possessions. Elle meurt en 1428 et est inhumée dans l’abbaye de Boulbonne [13], près de Mazères [14].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Roman d’Amat, « Foix (Archambault de Grailly, comte de) » dans Dictionnaire de biographie française, vol. 14, Paris, 1979

Notes

[1] Le titre de vicomte de Castelbon est vieux de plus de mille ans. Il trouve son origine dans la vallée de Castellbò, au sud d’Andorre. Avec l’alliance des maisons de Castelbon et de Foix disparaît la dynastie des vicomtes de Castelbon issue de Miron

[2] Navailles est une ancienne commune française du département des Pyrénées-Atlantiques. Le 8 mai 1845, la commune fusionne avec Angos pour former la nouvelle commune de Navailles-Angos.

[3] Le titre de captal de Buch désigne les seigneurs qui régnaient du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française sur le captalat de Buch. Captal est un mot gascon ancien ayant le sens de « chef, capitaine, seigneur », issu du latin căpĭtālis « capital, qui tient la tête, qui est le principal ». Le captalat se résume alors à une partie (au sud) du pays de Buch couvrant un territoire comprenant les paroisses de La Teste, de Gujan et de Cazaux, correspondant aujourd’hui à celui des communes d’Arcachon, de La Teste-de-Buch et de Gujan-Mestras.

[4] Le titre de prince de Galles est traditionnellement attribué au fils aîné et héritier du monarque du Royaume-Uni (initialement à l’héritier du roi d’Angleterre, puis à l’héritier du roi de Grande-Bretagne), depuis le début du 14ème siècle et la conquête du pays de Galles par le roi Édouard 1er. Le premier prince de Galles est Owain Gwynedd, qui établit le titre pour proclamer son indépendance et son importance au pays de Galles. Le dernier prince de Galles indigène à régner avant la domination anglaise est Llywelyn ap Gruffydd, tué par des soldats anglais en 1282. Cependant, Owain Glyndŵr, qui mène la guerre d’indépendance galloise la plus réussie au 15ème siècle, est le souverain effectif du pays de Galles durant une courte période, et peut donc être considéré comme le dernier roi gallois à se faire appeler ainsi

[5] L’Aquitaine est le nom donné depuis au moins le 1er siècle av. jc à une région ancrée sur la façade Atlantique et le versant nord des Pyrénées. En 507, Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie, l’intègre au royaume des Francs, en battant Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. 671 voit l’indépendance de l’Aquitaine, dirigée par le duc Loup 1er de Vasconie. Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald 1er détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois. En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse. 732 voit la défaite du duc d’Aquitaine et l’invasion de la Vasconie par l’émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc. 742 et 743 voient les campagnes des fils de Charles Martel, Carloman et Pépin le Bref, contre l’Aquitaine et la Vasconie (et la Bavière). Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d’Hunald 1er. Le 2 juin 768, ce dernier est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin. En 778, l’armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pampelune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de 3 ans, le royaume d’Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l’Atlantique.

[6] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, prince ou seigneur temporel. Il peut être aussi, comme dans le Saint-Empire romain germanique, au service d’une abbaye, souvent immédiate, où cette fonction devient un titre honorifique héréditaire par la suite.

[7] Le comté de Foix est à l’origine un territoire du comté de Carcassonne détaché par le comte Roger Ier le Vieux en faveur de son fils cadet Bernard-Roger.

[8] Le Béarn situé au pied des Pyrénées, est un ancien État souverain puis une ancienne province française à la suite de son rattachement à la couronne royale en 1620. L’histoire du Béarn est traversée de personnages illustres comme Gaston Fébus, Henri d’Albret et Henri IV. Ce petit État sut garder son indépendance pendant plusieurs siècles aux côtés de ses puissants voisins français, espagnols et anglais.

[9] Morlaàs est une commune française située dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Le nom "Morlaàs" a la même origine que Morlanne : "mor lana" en gascon qui se traduit par "sommet sur la lande"

[10] Pamiers est une commune française du département de l’Ariège. Au 12ème siècle, la ville se développe fortement, malgré la crise du catharisme. Pamiers est alors un fief de l’orthodoxie. En 1207, au château de Pamiers (aujourd’hui rasé), se déroule le Colloque de Pamiers, dernière rencontre entre les cathares et l’Église catholique avant la Croisade des Albigeois. Le pape Boniface VIII récompense la fidélité de la ville en érigeant Pamiers en évêché en 1295. Il nomme Bernard Saisset, alors abbé de Saint-Antonin, évêque. Celui-ci devient son principal intermédiaire auprès de Philippe IV le Bel lors du conflit de 1296, et l’abbatiale est élevée au rang de cathédrale.

[11] Le connétable sous l’Ancien Régime apparaît dès la dynastie mérovingienne. Son rôle se cantonnait à la gestion des écuries royales. Mais suite à l’effritement du pouvoir royal, ce dernier prend de l’ampleur envers tous les corps d’armée. Sous les Capétiens, le connétable de France est le « chef souverain des armées de France ».

[12] Tarbes est une commune du Sud-Ouest de la France, chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées. Capitale historique du comté de Bigorre, cette ville pyrénéenne de tradition industrielle s’étend, à une altitude moyenne de 304 mètres, au pied du massif des Pyrénées.

[13] L’abbaye de Boulbonne, ou abbaye de Bolbonne, est une ancienne abbaye cistercienne située au confluent de l’Hers-Vif et de l’Ariège, au lieu-dit Tramesaygues sur la commune de Cintegabelle dans le département de la Haute-Garonne, en Lauragais.

[14] Mazères est une commune française, située dans le département de l’Ariège. Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du pays de l’Aguanaguès ou plaine d’Ariège, parfois appelé basse Ariège, ou piémont ariégeois. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l’Hers-Vif, le Raunier, l’Estaut, le ruisseau du Cazeret, le ruisseau de Marrot, le ruisseau du Rival, le ruisseau du Tor et par divers autres petits cours d’eau.