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Raymond Geoffroy

lundi 8 décembre 2025, par lucien jallamion

Raymond Geoffroy

Religieux franciscain provençal-Ministre général de 1289 à 1295

Marseille (photo lj 2002)Raymond Geoffroy appartient à la branche directe des vicomtes de Marseille [1]. Il est né avant 1246, date à laquelle il est mentionné dans le testament de son père, Burgondion de Trets. Il prend l’habit franciscain [2] à Marseille, mais déclare avoir été éduqué au couvent d’Aix-en-Provence [3].

Il est élu ministre général au cours du premier chapitre général de l’ordre à Rieti [4] en 1289, en présence du pape Nicolas IV, la veille du couronnement de Charles II d’Anjou, roi de Naples [5], et sous l’influence probable de ce dernier. Au cours de son ministère général, il favorise les spirituels franciscains, en libérant de prison le groupe mené par Pierre de Macerata et en nommant Pierre de Jean Olivi enseignant au studium général de Montpellier [6].

N’ayant que le grade de bachelier, il accède à la maîtrise en théologie lors du chapitre général de Paris en 1292, sans doute sous pression de Philippe le Bel. Pour lui faire quitter la tête de l’ordre, le pape Boniface VIII lui propose l’évêché de Padoue [7], ce qu’il refuse, après quoi il est contraint à renoncer au généralat.

Giovanni Minio da Morrovalle , de la Marche d’Ancône [8], est élu ministre général au chapitre d’Anagni [9] de 1296. Proche de Louis d’Anjou depuis 1282, il est à ses côtés lors du décès du jeune évêque en 1297 et témoigne lors de son procès de canonisation.

Il participe aux côtés des Spirituels de Languedoc [10] aux débats engagés devant Clément V sur l’observance de la pauvreté et l’orthodoxie des écrits d’Olivi. Il se retire dans une résidence de sa famille et décède le 19 juin 1310.

Lecteur de Joachim de Flore, il possède un exemplaire de“ la Concordia” que lui a donné son parent, Guillaume Porcelet, seigneur de Fos [11].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Raymond Geoffroy/ Portail du monachisme/ Catégories : Franciscain français

Notes

[1] Les vicomtes de Marseille sont une famille vicomtale dont l’origine remonte au milieu du 10ème siècle avec Arlulf de Marseille. Seigneurs de Marseille et de Trets avant 977, les vicomtes de Marseille réussissent à se soustraire à la domination des comtes de Provence. Ils se créent une sorte de souveraineté. Ils ne sont plus astreints qu’à un service de chevauchée envers leurs suzerains, et prétendent tenir leur vicomté de la grâce de Dieu et ne pas relever des comtes de Provence. Le sel leur appartient. Presque toujours un de leurs fils occupe le siège épiscopal du diocèse. Du reste, les évêques suivent les vicomtes dans cette voie d’indépendance. Les évêques ont la seigneurie de la ville supérieure, et les vicomtes, maîtres de la seigneurie de la ville inférieure, jouissent en outre de droits domaniaux dans tout le reste du district, qui embrasse le littoral depuis Fos jusqu’à l’embouchure du fleuve d’Argens, près de Fréjus, la vallée de l’Huveaune et le pays situé sur la rive orientale de l’étang de Berre

[2] Moines de l’ordre mineur de frères laïcs mendiants fondé par saint François d’Assise en 1209, sur les principes rigoureux de l’humilité totale et de la pauvreté extrême. Les franciscains ont une mission de prédication itinérante. Au 13ème siècle, l’ordre se divise, malgré les tentatives de conciliation de saint Bonaventure, entre les adeptes de la règle de pauvreté originelle et les spirituels, qui jugent la mission d’enseignement incompatible avec la misère matérielle. Malgré ces dissensions, et les diverses branches qui en découlent, les franciscains poursuivent une lutte active contre les hérésies et se répandent rapidement au travers de la chrétienté. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers), habit des pauvres de leur temps. A la fin du 13ème siècle, il existe déjà 1500 maisons de franciscains. L’ordre franciscain s’est diversifié en trois courants : les frères mineurs, les frères mineurs conventuels et les frères mineurs capucins. Il existe aussi un tiers ordre de laïcs. Les franciscains sont partis en mission dans le monde entier.

[3] L’archidiocèse d’Aix et Arles est un des archidiocèses de l’Église catholique en France. Il aurait été fondé dès le 1er siècle.

[4] Rieti est une ville italienne de la province du même nom dans la région du Latium.

[5] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[6] La Seigneurie de Montpellier était une juridiction médiévale centrée sur la ville de Montpellier (France) et de ses environs. La Seigneurie de Montpellier voit le jour le 26 novembre 985, lorsque le comte Bernard II de Melgueil (Mauguio) octroie au chevalier Guilhèm en échange de son dévouement, l’ancien territoire situé entre l’antique voie domitienne, le Lez et La Mosson. Ses héritiers construiront sur leur nouveau fief un véritable bourg fortifié, doté d’un château et d’une chapelle qui deviendra la ville de Montpellier.

[7] Le diocèse de Padoue est un diocèse catholique en Vénétie, dans le nord d’Italie. Le diocèse est fondé au 3ème siècle comme suffragant du patriarcat de Venise.

[8] Les Marches sont une région d’Italie centrale dont le siège se situe sur les bords de l’Adriatique, à savoir la ville portuaire d’Ancône. Au 12ème siècle des communes libres se constituent et la région voit l’affrontement entre Gibelins et Guelfes. Les Marches deviennent durant le 13ème siècle l’une des terres de prédilection des communautés franciscaines naissantes qui luttent contre la surpopulation et le désordre alimentaire.

[9] Anagni est une commune italienne, située dans la province de Frosinone, dans la région Latium, en Italie centrale. Elle est connue pour être la cité des papes, quatre d’entre eux y sont nés, Innocent III, Alexandre IV, Grégoire IX et Boniface VIII, et pour avoir longtemps été un siège de la papauté. Le nom d’Anagni est plus particulièrement lié aux mésaventures du pape Boniface VIII et à l’épisode connu comme l’attentat d’Anagni.

[10] Le Languedoc est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut Languedoc, qui correspond approximativement à l’actuelle région Midi-Pyrénées, et Bas Languedoc, qui correspond approximativement à l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Le Languedoc fait partie de l’Occitanie, vaste espace géographique de langue d’oc. Le territoire du Languedoc (région où l’on parle la langue d’oc) est rattaché au domaine royal au 13ème siècle à la suite de la croisade contre les Albigeois mettant fin au catharisme. Le territoire sous contrôle des États de Languedoc s’est ensuite progressivement réduit à l’ancienne province du Languedoc. C’est en 1359 que les villes des trois sénéchaussées de Beaucaire, Carcassonne et Toulouse concluent entre elles une « union perpétuelle » puis exigent des officiers royaux d’être « convoquées ensemble » et non plus séparément, par sénéchaussée. Vers la fin du 14ème siècle, pays des trois sénéchaussées, auquel le nom de Languedoc allait être réservé, désigne les deux sénéchaussées de Beaucaire Nîmes et de Carcassonne et la partie occidentale de celle de Toulouse, conservée au traité de Brétigny. Le pays de Foix, qui relève de la sénéchaussée de Carcassonne jusqu’en 1333 puis de celle de Toulouse, cesse d’appartenir au Languedoc. En 1469, le Languedoc est amputé de presque toute la partie de la sénéchaussée de Toulouse située sur la rive gauche de la Garonne. Le roi Louis XI détache les deux jugeries de Rivière (Montréjeau) et de Verdun (aujourd’hui Verdun-sur-Garonne) de la sénéchaussée toulousaine pour les incorporer au duché de Guyenne, apanagé à son frère, le prince Charles. En contrepartie, le roi incorpore au Languedoc quelques communautés d’habitants du diocèse de Comminges, situées sur la rive droite de la Garonne, connues comme le Petit Comminges

[11] Fos-sur-Mer est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône. Au Moyen Âge, Fos-sur-Mer fut le fief originel des seigneurs de Fos. Il se présentait sous la forme d’une bande littorale longue d’environ 25 km pour une largeur inférieure à 10 km et englobait le château, l’un des plus anciens et des plus importants de la Provence occidentale, le village et les terres de Fos, des églises rurales comme Saint-Julien et Saint-Pierre près de Martigues et l’abbaye Saint-Gervais de Fos.