Ide de Lorraine ou Ide de Boulogne (vers 1160-1216)
Comtesse de Boulogne de 1173 à 1216
Fille de Mathieu d’Alsace, comte de Boulogne [1], et de Marie de Blois , comtesse de Boulogne.
Son père avait enlevé sa mère d’un couvent à Ramsey [2], mais l’église s’était opposée au mariage qui finit par être annulé en 1170, et Mathieu continua à être comte de Boulogne, qu’il tenait pourtant de son ancienne femme. Malgré l’irrégularité du mariage, les 2 filles furent légitimées et Ide put succéder à son père en 1173.
Sur le conseil de son oncle Philippe d’Alsace, comte de Flandre [3], elle épousa en 1181 Gérard de Boulogne , qui mourut la même année. Elle se remarie en 1183 à Bertold IV duc de Zähringen , qui mourut au bout de 3 ans.
Veuve pour le seconde fois, elle était amoureuse d’ Arnould II de Guînes et négociait un mariage, quand elle fut enlevée vers 1190 par Renaud de Dammartin, qui l’emmena en Lorraine [4]. C’était un sort assez courant pour les héritières au Moyen Âge. La situation se compliqua quand Arnoud de Guines reçut un message d’Ide. Il accourut pour la délivrer, mais fut capturé à Verdun [5] par des compagnons de Renaud. Il ne fut libéré que par l’entremise de l’archevêque de Reims [6] Guillaume.
Renaud et Ide eurent une fille.
Notes
[1] Le comté de Boulogne est issu d’un pagus franc. Dès le 9ème siècle, ce comté se trouve sous la suzeraineté du marquisat de Flandre. Philippe Auguste le confisquera en 1212 pour le donner en apanage à son fils. Le comté suivra ensuite les destinées de l’Artois et sera finalement annexé au domaine royal au 15ème siècle
[2] L’abbaye de Ramsey est une ancienne abbaye bénédictine située à Ramsey, dans le Cambridgeshire en Angleterre. Communauté d’hommes, elle ne doit pas être confondue avec l’abbaye de Romsey, dans le Hampshire, communauté de moniales. L’abbaye est fondée en 969 par saint Oswald, évêque de Worcester, à une époque de renouveau monastique anglo-saxon
[3] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).
[4] Le duché de Lorraine est né du partage de la Lotharingie en 959 par le duc Brunon de Cologne, qui confia la Haute Lotharingie au vice duc Frédéric de Bar. Celui-ci prit le titre de duc de Haute Lotharingie en 977. Au fil du temps, le duché de Haute Lotharingie deviendra le duché de Lorraine, mentionné comme tel en 1067. Les ducs (pour les descendants de Gérard d’Alsace et ceux des Maisons de Vaudémont et d’Anjou jusqu’en 1737) se succédèrent jusqu’en 1766, date de l’annexion par la France où le trône ducal fut occupé par Stanislas Leszczynski, souverain polonais détrôné profitant de la vacance du trône lorrain à la suite du mariage du dernier duc de la maison de Lorraine, François III, avec l’archiduchesse régnante d’Autriche Marie-Thérèse. Ce François III a été élu par la suite roi des Romains et couronné comme Saint Empereur Romain sous le nom de François (premier de ce nom), de sorte qu’on parle de sa femme comme l’Impératrice Marie-Thérèse.
[5] Le comté de Verdun était un comté médiéval souverain dans le duché de Basse-Lotharingie. Les souverains du comté de Verdun se qualifiaient de comtes par la grâce de Dieu. Le pays était situé près de la Basse Lotharingie au sein du Saint-Empire romain germanique. L’évêché de Verdun le bordait à l’est. La forêt d’Argonne formait la frontière occidentale du comté, mais il comprenait également les forteresses de Montfaucon-d’Argonne et de Vienne-le-Château. Selon un diplôme impérial émis en 1156, l’évêque Haymon de Verdun a reçu le droit de nommer les comtes, mais les comtes de la dynastie des Ardennes-Bouillon ont rendu la fonction héréditaire à la fin du 10ème siècle.
[6] Le diocèse de Reims a été érigé au 3ème siècle et a été élevé en archevêché dès le 4ème siècle. Une des prérogatives des archevêques de Reims fut de sacrer les rois de France, avec l’huile de la Sainte Ampoule. Dans la cathédrale de Reims, de Henri 1er à Charles X, trente rois de France furent sacrés en ces lieux.