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Mutimir ou Mutimir Vlastimirović

jeudi 4 décembre 2025, par lucien jallamion

Mutimir ou Mutimir Vlastimirović

Souverain de Serbie de 860 à 891

Fils aîné de Vlastimir . Paradoxalement, c’est sous son règne que les Serbes basculèrent dans la chrétienté, alors que son père Vlastimir avait été libéré de l’autorité de Constantinople [1] par la révolte anti-byzantine et anti-chrétienne. Il profita donc du renouveau chrétien pour convertir son peuple et lui-même, et pour consolider son pouvoir.

Vasili 1er, après avoir converti la Paganie [2], partit prêcher vers l’intérieur des terres serbes, la Rascie [3] et la Serbie [4]. On date la conversion des Serbes entre 867 et 870, et c’est dans cette période que l’on constate une explosion des prénoms chrétiens parmi les Serbes. Comme le fils de Mutimir, Stefan ou Étienne. On a aussi des documents de l’époque où le patriarche d’Occident demandait au prince slave Mutimir de se rendre auprès de l’évêque de la Pannonie [5] qui avait à l’époque son siège dans la ville de Sremska Mitrovica [6].

Vers 865, le tsar Boris 1er de Bulgarie attaque la Serbie dans le but de venger la défaite de son père Pressiyan 1er .

Mutimir et ses deux frères préparent la Serbie à l’assaut de Boris qui avait déjà vaincu le prince Rastislav du royaume slave de Grande-Moravie [7] et le souverain de la Croatie [8].

La bataille est une catastrophe pour le tsar Boris, son fils Vladimir, ainsi que tous les boyards [9] survivants à la bataille, sont capturés. Mutimir, en bon diplomate, au lieu de demander des compensations extravagantes, réclame seulement l’abandon par la Bulgarie de toute réclamation sur la Serbie et sur son voisin croates, afin d’édifier la paix avec son voisin. Les 2 nouveaux souverains slaves, récemment chrétiens, s’engagèrent à respecter leur parole devant Dieu, sous la protection de Constantinople.

Mutimir avait bien fait d’être bienveillant avec le souverain bulgare, car par la suite, ses frères qui l’avaient aidé à vaincre le khan bulgare, allaient eux-mêmes se révolter contre son autorité.

Strajimir et Gojnik organisèrent une révolte contre leur frère dans le but de la chasser du pouvoir afin de se partager le pouvoir ensemble. La révolte était si bien préparée que l’on peut penser que sans l’aide de Boris 1er, il aurait été battu. Celui-ci, reconnaissant de la bonté de Mutimir, décida de lui prouver lui aussi son attachement à leur nouvelle alliance. Il dépêcha en Serbie une importante armée qui permit à Mutimir de reprendre la situation à son compte. Les 2 rebelles hostiles à l’autorité du souverain des Serbes furent livrés au Khan de Bulgarie.

Mutimir garda près de lui, en otage, le fils de Gojnik, Petar. Situation qui ne dura pas très longtemps car Petar s’enfuit très vite en Pannonie croate.

Pour évite toute lutte de pouvoir après sa disparition, Mutimir désigna comme successeur son fils Pribislav .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Mutimir/ Portail de la Serbie et du peuple serbe/ Catégories  : Monarque de Serbie/ Prince slave

Notes

[1] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[2] La Paganie était une terre peuplée, d’après le De administrando Imperio (vers 950), par les Narentins, une tribu sud-slave païenne descendant des Serbes de Serbie blanche et située dans la partie centrale de la Dalmatie (actuelle Croatie).

[3] La Rascie est l’une des plus importantes principautés serbes du Moyen Âge. Établie à la fin du 11ème siècle, c’est à partir de celle-ci qu’est constitué le royaume de Serbie puis l’Empire serbe, après l’arrivée au pouvoir des Nemanjić. Par la suite, le terme de Rascie reste utilisé pour désigner l’ancienne principauté aussi bien que la Serbie d’alors. Ainsi, au 14ème siècle, la principauté du knèze Lazar Hrebeljanović (Lazareva zemlja), est désignée par les Hongrois comme royaume de Rascie.

[4] La Serbie est frontalière de la Roumanie à l’est-nord-est, de la Bulgarie au sud-est, de la Macédoine du Nord au sud-sud-est, du Kosovo au sud, du Monténégro au sud-ouest, de la Bosnie-Herzégovine à l’ouest, de la Croatie au nord-ouest et de la Hongrie au nord-nord-ouest. Sa capitale est Belgrade. Les populations slaves, dont les Serbes, s’installèrent au début du 7ème siècle dans la région des Balkans. Auparavant, la population était constituée d’Illyriens (Albanais aujourd’hui), de Grecs Macédoniens et Thraces, et de petites ethnies montagnardes. Au Moyen Âge, un puissant État serbe se constitua progressivement, qui atteignit son apogée au 14ème siècle

[5] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc. Vers 105 apr. jc, Trajan divise la province en Pannonie supérieure à l’ouest et Pannonie inférieure à l’est. Ces qualificatifs ne sont pas seulement déterminés par le sens du cours du Danube, mais aussi par l’éloignement par rapport à Rome en suivant les itinéraires routiers : le voyageur venant d’Italie rencontre d’abord la Pannonie supérieure, puis la Pannonie inférieure. Le Pannonien Maximien est associé au pouvoir en 285. Les tétrarques réorganisent les provinces pour en améliorer l’administration et la défense : la Pannonie inférieure est divisée en deux : au nord la Valeria, du nom de famille de Dioclétien, avec pour capitale Aquincum ; au sud, la Pannonia Secunda, avec pour capitale Sirmium

[6] aujourd’hui dans le nord de la Serbie

[7] La Grande-Moravie était un royaume slave. De 833 jusqu’au début du 10ème siècle, il s’étendit sur les territoires des actuelles Tchéquie, Allemagne orientale, Slovaquie et Hongrie nord-occidentale, le sud de la Pologne avec la région de Cracovie et l’ouest de l’Ukraine avec la Galicie. Le premier usage du terme « Grande-Moravie » remonte à l’ouvrage de Constantin VII Porphyrogénète De Administrando Imperio (écrit vers 950). Le terme « Moravia » renvoyait non seulement à la région correspondant à l’actuelle Moravie mais aussi aux territoires autour de la rivière Morava ou de sa capitale appelée Morava, dont l’emplacement reste actuellement inconnu (peut-être se trouve-t-elle sous une grande ville actuelle telle Brno, Nitra ou Bratislava).

[8] La Croatie, est un pays d’Europe centrale et du Sud. Elle s’étend depuis les confins de l’extrémité orientale des Alpes au nord-ouest et depuis les plaines pannoniennes au nord-est, jusqu’au littoral de la mer Adriatique au sud-sud-ouest, en passant par le massif montagneux des Alpes dinariques au centre. Elle est entourée par la Slovénie, la Hongrie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro. La Croatie fut, tout au long de son histoire, au carrefour de quatre grands espaces culturels, ce qui confère une richesse à son patrimoine, tant architectural qu’artistique. Outre le caractère slave de ses habitants qui remonte à la fin du 6ème siècle, la Croatie a subi les influences vénitiennes sur la côte dalmate d’une part, et les influences austro-hongroises dans les plaines du Nord de Slavonie et dans le bassin du Danube d’autre part.

[9] Un boyard, ou boïar est un aristocrate des pays orthodoxes non grecs d’Europe de l’Est : Russie, Moldavie, Valachie, Transylvanie.