Notes
[1] On désigne conventionnellement sous le nom de « Chronique de Frédégaire » une compilation historiographique constituée dans la Gaule du Haut Moyen Âge, relevant du genre de la Chronique universelle, et relatant les événements depuis la Création du monde jusqu’au 9 octobre 768 (jour de l’avènement de Charlemagne et de son frère Carloman) dans la version la plus longue.
[2] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.
[3] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.
[4] Le royaume de Bourgogne était un royaume mérovingien puis carolingien qui a existé de 534 à 843. Le traité de Verdun de 843 divise la Bourgogne en deux grandes entités territoriales : une Bourgogne franque à l’ouest (futur duché), et une Bourgogne impériale à l’est dans laquelle se trouve notamment le comté de Bourgogne (Franche-Comté), la Bourgogne transjurane (Suisse occidentale, nord de la Savoie et Val d’Aoste), la Bourgogne cisjurane et le comté de Provence.
[5] L’abbaye d’Hamage est une abbaye bénédictine qui a été fondée à Wandignies-Hamage (Nord), sur la rive droite de la Scarpe, vers 625-639. Elle est la plus ancienne abbaye du Nord. Il s’agissait d’un monastère de religieuses, voué à saint Pierre et sainte Eusébie et qui devint bénédictin un peu après l’an 1000.
[6] La maison des Agilolfinges, Agilolfings, Agilolfingiens ou Agilolfides, règne sur le duché de Bavière et le royaume lombard entre le 6ème siècle et le 8ème siècle. Elle se donne pour ancêtre un mythique Agilolphe ou Agilulf. Au 6ème siècle, la Bavière entre sous la domination du royaume franc. Ses souverains, rattachés dans les sources anciennes aux Agilolfinges, sont dès lors investis par les rois francs selon la Lex Baiuvariorum, mais en sont dépouillés par Charlemagne à la fin du 8ème siècle. Ils oscillent durant cette période entre la fidélité aux rois francs et l’alliance avec les Lombards. Sous leur règne, le territoire est christianisé, et 4 diocèses sont fondés : Ratisbonne, également siège du pouvoir, Freising, Passau et Salzbourg.