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Gertrude d’Hamage ou Gertrude de Cambrai

dimanche 30 novembre 2025, par lucien jallamion

Gertrude d’Hamage ou Gertrude de Cambrai (morte en 649)

Le Royaume de Burgondie fin du 5ème siècleFondatrice et première abbesse d’Hamage [1]. Elle est l’épouse de Richomer, patrice [2] de Burgondie [3], et probablement la mère de Bertrude, reine des Francs.

Selon le “Synopsis Franco Merovingicae”, écrit à la fin du 12ème siècle par Andreas Silvius ou André de Marchiennes , moine de l’abbaye de Marchiennes [4], elle est fille de Theodebald, duc de Douai [5].

Les prénoms de Theodebald, de Gertrude et Gerberge portée par une de ses filles indiquent une appartenance aux Agilolfings [6]. Chronologiquement, Theodebald pourrait être un frère de Garibald, premier duc de Bavière [7].

Elle épouse Richomer, en 607. Veuve, Gertrude se retire dans la vie religieuse et fonde l’abbaye d’Hamage sur les conseils de saint Amand. Elle meurt le 6 décembre 649 et son arrière-petite-fille Eusébie d’Hamage lui succède comme abbesse.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris, 1989, 170 p. (ISBN 2-906483-28-1)

Notes

[1] L’abbaye d’Hamage est une abbaye bénédictine qui a été fondée à Wandignies-Hamage (Nord), sur la rive droite de la Scarpe, vers 625-639. Elle est la plus ancienne abbaye du Nord. Il s’agissait d’un monastère de religieuses, voué à saint Pierre et sainte Eusébie et qui devint bénédictin un peu après l’an 1000.

[2] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[3] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[4] L’abbaye de Marchiennes est une abbaye bénédictine située sur la Scarpe, à Marchiennes, dans le département du Nord (France) fondée vers 630, et qui resta active durant 11 siècles. À l’origine de la naissance de la ville de Marchiennes, elle en fut le moteur économique, avant d’être fermée en 1791, durant la Révolution. C’est en 1570 que l’abbaye fonda un collège à l’université de Douai. Elle possédait aussi un ’refuge’ à Lille.

[5] Douai est une commune française du département du Nord, située dans le sud de la Flandre romane. Le comte Arnoul 1er de Flandre érige vers 950 le premier lieu de culte, la collégiale Saint-Amé. Après la conquête normande de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la ville de Bridgwater en Angleterre était nommée du prince Walter (Gautier, ou Walscin) Douai. La ville reçut sa première charte avant 1188 et fut dirigée par un conseil d’échevins jusqu’en 1789.

[6] La maison des Agilolfinges, Agilolfings, Agilolfingiens ou Agilolfides, règne sur le duché de Bavière et le royaume lombard entre le 6ème siècle et le 8ème siècle. Elle se donne pour ancêtre un mythique Agilolphe ou Agilulf. Au 6ème siècle, la Bavière entre sous la domination du royaume franc. Ses souverains, rattachés dans les sources anciennes aux Agilolfinges, sont dès lors investis par les rois francs selon la Lex Baiuvariorum, mais en sont dépouillés par Charlemagne à la fin du 8ème siècle. Ils oscillent durant cette période entre la fidélité aux rois francs et l’alliance avec les Lombards. Sous leur règne, le territoire est christianisé, et 4 diocèses sont fondés : Ratisbonne, également siège du pouvoir, Freising, Passau et Salzbourg.

[7] Le duché de Bavière est une ancienne principauté allemande qui fut membre du Saint-Empire romain germanique puis rattaché à l’Électorat de Bavière. Sa capitale était la ville de Munich. Vers l’an 600, le territoire de l’actuel État libre de Bavière était occupé par trois tribus : les Baiern, qui ont donné leur nom au pays (Bavière se dit Bayern en allemand), les Francs et les Suèves. Tandis que l’actuelle Bavière du Nord tombait sous la souveraineté des Francs, les Alamans et les Bavarois formaient, au sud, des territoires souverains séparés par la rivière Lech. À ses débuts, le duché de Bavière s’étendait loin vers l’est et le sud, jusqu’à la Carinthie actuelle, en Basse-Autriche et en Haute-Italie. Mais le cœur du pays se situait sur le Danube. Aux 10ème et 12ème siècles, ces territoires ont donné naissance aux duchés de Bavière, de Carinthie et d’Autriche. Le principal siège ducal était Ratisbonne.