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L’histoire pour le plaisir

Ubertin de Casale

samedi 1er novembre 2025, par lucien jallamion

Ubertin de Casale (1259-1330)

Prédicateur et théologien italien qui appartenait à l’ordre des Franciscains

Né à Casale Monferrato [1], dans le Piémont [2], et entre chez les franciscains [3] à 14 ans en 1273 à Gênes [4].

Il poursuit ses études à Paris, puis à Florence [5] vers 1285 sous l’instruction de Pierre de Jean Olivi . Rien n’indique qu’il ait rencontré Dante Alighieri pendant cette période. Il profite également de son séjour en Toscane [6] pour rendre visite à Jean de Parme à Greccio [7] et rencontre Angèle de Foligno .

L’enthousiasme qu’il éveille suscite des difficultés auprès de ses supérieurs. Cité devant le pape Benoit XI, il est acquitté grâce à l’intervention des habitants de Pérouse [8]. Mais les ministres franciscains lui imposent le silence et le confinent au Mont Alverne [9] en 1304. C’est dans cet endroit, encore imprégné du souvenir de la stigmatisation de saint François d’Assise, qu’il compose en 7 mois “L’Arbor vitae crucifixae Jesu”.

Ubertin quitte l’Alverne en 1307 et retourne en Toscane, au service du cardinal Napoléon Orsini. En 1309, il est convoqué par le pape Clément V à Avignon [10] afin de participer au concile de Vienne [11]. Ce concile est, entre autres, destiné à opposer les partisans conventuels et spirituels de l’ordre franciscain.

Porte-parole de son groupe, Ubertin dénonce violemment le genre de vie de ses adversaires. Il obtient gain de cause, mais se procure des rancunes tenaces de la part des ministres de l’ordre. Ces derniers l’accusent auprès de Jean XXII de répandre les idées de Pierre de Jean Olivi, dont il a présenté une défense magistrale au concile de Vienne.

Ubertin est contraint d’abandonner l’ordre en 1317, et rejoint, avec la dispense pontificale, l’ordre des bénédictins [12]. Il reste pourtant à Avignon, auprès du cardinal Orsini. De nouveau accusé d’hérésie, il est convoqué par le pape Jean XXII en 1325. Ubertin s’enfuit d’Avignon et se réfugie auprès de l’empereur Louis IV de Bavière, le défenseur des doctrines spirituelles franciscaines, alors en lutte ouverte avec Jean XXII. Il meurt vers 1330 dans des circonstances mystérieuses.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ubertin de Casale/ Portail du catholicisme/ Portail du Piémont/ Catégories : Moine du XIIIe siècle/ Moine du XIVe siècle/ Franciscain

Notes

[1] Casale Monferrato (en français Casal) est une ville italienne située dans la province d’Alexandrie, dans la région du Piémont, dans l’Italie nord-occidentale.

[2] Au cours du Moyen Âge, se constitue autour de Turin la principauté de Piémont, gouvernée par une branche de la maison de Savoie, la lignée de Savoie-Achaïe. En 1418, à la mort de Louis de Savoie-Achaïe, la principauté du Piémont revient au duc de Savoie, qui a la faveur de l’empereur en tant que membre du parti gibelin. À partir de 1494, le Piémont est embrasé par les guerres d’Italie : dans la première moitié du 16ème siècle, le pays devient un théâtre d’opérations d’armées étrangères, ce qui bloque la vie culturelle. En 1563, le duc de Savoie et prince de Piémont décide de faire de Turin sa principale capitale, au détriment de Chambéry.

[3] Moines de l’ordre mineur de frères laïcs mendiants fondé par saint François d’Assise en 1209, sur les principes rigoureux de l’humilité totale et de la pauvreté extrême. Les franciscains ont une mission de prédication itinérante. Au 13ème siècle, l’ordre se divise, malgré les tentatives de conciliation de saint Bonaventure, entre les adeptes de la règle de pauvreté originelle et les spirituels, qui jugent la mission d’enseignement incompatible avec la misère matérielle. Malgré ces dissensions, et les diverses branches qui en découlent, les franciscains poursuivent une lutte active contre les hérésies et se répandent rapidement au travers de la chrétienté. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers), habit des pauvres de leur temps. A la fin du 13ème siècle, il existe déjà 1500 maisons de franciscains. L’ordre franciscain s’est diversifié en trois courants : les frères mineurs, les frères mineurs conventuels et les frères mineurs capucins. Il existe aussi un tiers ordre de laïcs. Les franciscains sont partis en mission dans le monde entier.

[4] Gênes est une ville italienne, capitale de la Ligurie, premier port italien et deuxième port de la mer Méditerranée. Gênes est située sur le golfe de Gênes, partie septentrionale de la mer de Ligurie. La ville correspond à l’inclinaison de l’arc de cercle formé à cet endroit par la côte. Au nord de la ville commencent les Apennins, débouchant à proximité sur la plaine du Pô. Gênes offre une façade méditerranéenne au nord de l’Italie, à 193 km de Nice au sud-ouest, à 155 km de Milan au nord et à 518 km de Rome au sud-est.

[5] Florence est la huitième ville d’Italie par sa population, capitale de la région de Toscane et siège de la ville métropolitaine de Florence. Berceau de la Renaissance en Italie, capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1870

[6] La Toscane, dirigée d’abord par des margraves et des marquis aux 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de cité-États à statut républicain-oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle.

[7] Greccio est une commune italienne, située dans la province de Rieti, dans la région Latium, en Italie centrale. Un ancien document mentionne l’existence d’un bourg avec château au nom de Grecce ou Grezze ce qui fait penser à un lien possible avec la Grèce. Située sur les pentes du mont Lacerone, dans les Apennins, Greccio surplombe le fleuve Velino. Elle est distante d’environ 16 km de Rieti, la ville la plus proche.

[8] Pérouse, en italien Perugia, est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom et capitale de la Région Ombrie. Pérouse se situe sur une acropole collinaire d’une altitude moyenne de 493 m autour de laquelle se développe le centre historique qui est en grande partie entourée par les murs étrusques et médiévaux. Au 9ème siècle elle devient une propriété des papes avec l’accord de Charlemagne et de Louis le Pieux. La cité continue toutefois pendant des siècles à mener une vie indépendante, guerroyant contre les cités et territoires voisins de Foligno, Assise, Spolète, Todi, Montepulciano... Les papes ont parfois trouvé asile dans les murs de Pérouse. L’administration papale y a aussi organisé les conclaves qui ont élu Honorius III en 1216, Honorius IV en 1285, Célestin V en 1294 et Clément V en 1305. Cependant Pérouse se montra toujours réticent à l’égard des papes. Ainsi, lors de la rébellion de Rienzo en 1347, la cité ombrienne envoya dix ambassadeurs au tribun romain et résista vigoureusement aux légats du pape venus la soumettre.

[9] Le sanctuaire de l’Alverne est situé à quelques kilomètres de Chiusi della Verna (province d’Arezzo) dans le parc national des forêts du Casentino, Monte Falterona, Campigna. Il est célèbre car c’est le lieu où saint François d’Assise aurait reçu les stigmates en septembre 1224. Le sanctuaire possède de nombreuses chapelles et lieux de prière qui sont la destination de nombreux pèlerinages. En août 1921, le pape Benoît XV élève l’église au rang de basilique mineure.

[10] La Papauté d’Avignon désigne la résidence du pape en Avignon (France). Cette résidence, qui déroge à la résidence historique de Rome (Italie) depuis saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives : La première, de 1309 à 1378, celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Église catholique, et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome. La seconde, de 1378 à 1418, coïncide avec le Grand schisme d’Occident où deux papes rivaux (et même trois si l’on considère l’éphémère pape de Pise) prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome et l’autre en Avignon.

[11] Le concile de Vienne est pour l’Église catholique romaine le quinzième concile œcuménique. Il fut convoqué par le pape Clément V à la demande du roi de France Philippe le Bel pour discuter de l’avenir de l’Ordre du Temple. Il se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 à Vienne (dans le Dauphiné de Viennois) et aboutit à la suppression de l’Ordre. Outre la question centrale des Templiers, il traita de la querelle des spirituels qui divisait l’ordre franciscain. Il interdit les béguinages et légiféra sur la présence de l’islam en terre chrétienne. Les propositions de réforme de Guillaume Durand, évêque de Mende, y furent présentées.

[12] L’ordre des Prêcheurs ou des Frères Prêcheurs, plus connu sous le nom d’ordre dominicain, est un ordre catholique né sous l’impulsion de saint Dominique en 1215. Il appartient, comme l’ordre des Frères mineurs ou franciscains, à la catégorie des ordres mendiants. Suivant la règle de saint Augustin, ainsi que ses propres Constitutions, en partie inspirées de celles des prémontrés, il s’est donné pour mission l’apostolat et la contemplation. Les dominicains sont des religieux mais pas des moines : ils ont la particularité de ne prononcer qu’un seul vœu, celui d’obéissance, dans les mains du maître de l’ordre (ou de son représentant), les vœux de pauvreté et de chasteté étant implicitement inclus. Ils ne font, par contre, pas vœu de stabilité comme les moines. Ils vivent dans des couvents et non dans des monastères. Leur vocation étant de prêcher, leurs couvents sont souvent situés dans de grandes villes.