Arthgallo
Roi légendaire de l’île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne)
L’histoire est rapportée par Geoffroy de Monmouth dans son Historia regum Britanniae [1], publiée vers 1135.
2ème fils de Morvidus, il succède à son frère ainé Gorbonian.
Après la guerre de Troie [2], Énée arrive en Italie, avec son fils Ascagne et devient le maître du royaume des Romains [3]. Son petit-fils Brutus est contraint à l’exil après avoir accidentellement tué son père. Après une longue navigation, Brutus débarque dans l’île de Bretagne [4], l’occupe et en fait son royaume. Il épouse Innogen dont il a 3 fils.
À sa mort, le royaume est partagé en trois parties et ses fils lui succèdent : Locrinus reçoit le centre de l’île à qui il donne le nom de Loegrie [5], Kamber reçoit la Cambrie [6] et lui donne son nom, Albanactus hérite de la région du nord et l’appelle Albanie [7]. À la suite de l’invasion de l’Albanie par les Huns [8] et de la mort d’Albanactus, le royaume est réunifié sous la souveraineté de Locrinus. C’est le début d’une longue liste de souverains.
Arthgallo, fils de Morvidus, nommé Arthal ap Morudd dans “le Brut y Brenhinedd” succède à son frère aîné Gorbonian. Le début de son règne est inique, il ne songe qu’à amasser d’immenses trésors en dépouillant les nobles et les riches. À la suite d’une révolte, il est destitué et son frère Elidur le remplace.
Pendant 5 ans, il tente vainement de constituer une armée pour récupérer son trône et ses richesses, mais ne réunit que 10 hommes. Fortuitement, il rencontre le roi qui chasse dans la forêt de Calaterium ; celui-ci lui pardonne et les 2 frères se réconcilient. Elidur amène Arthgallo à Alclud et fait venir individuellement les nobles du pays et leur demande de se soumettre à son frère. Ceux qui refusent sont décapités. A York [9], Elidur remet la couronne à son frère qui règne avec justice pendant 10 ans. Il est enterré à Leicester [10].
Elidur lui succède et monte sur le trône pour la seconde fois.
Notes
[1] L’Historia regum Britanniae (en français : « Histoire des rois de Bretagne ») est une œuvre rédigée en latin entre 1135 et 1138, par l’écrivain gallois Geoffroy de Monmouth. Le texte présente une histoire légendaire des rois de l’île de Bretagne depuis Brutus, fondateur mythique de la lignée, jusqu’à Cadwaladr. On y trouve la première apparition de personnages marquants tels que Merlin ou Uther Pendragon.
[2] La guerre de Troie est un conflit légendaire de la mythologie grecque, dont l’historicité est controversée. Elle est parfois appelée Deuxième guerre de Troie en référence à l’expédition menée contre la cité par Héraclès après la quête de la Toison d’or que certains nomment Première guerre de Troie.
[3] La Rome antique est à la fois la ville de Rome et l’État qu’elle fonde dans l’Antiquité. L’idée de Rome antique est inséparable de celle de la culture latine. Ce regroupement de villages au 8ème siècle av. jc parvint à dominer l’ensemble du monde méditerranéen et de l’Europe de l’Ouest du 1er au 5ème siècle par la conquête militaire et par l’assimilation des élites locales. Sa domination a laissé d’importantes traces archéologiques et de nombreux témoignages littéraires. Aux côtés de la Grèce antique, elle façonne encore aujourd’hui l’image de la civilisation occidentale. Durant ces siècles, la civilisation romaine passe d’une royauté à une république oligarchique puis à un empire autocratique.
[4] La Bretagne insulaire, parfois également appelée l’île de Bretagne, est le nom donné à la Grande-Bretagne par les historiens modernes jusqu’à la fin de la période médiévale britannique.
[5] La Loegrie (aussi connue sous les noms de Logris ou Logres) est un royaume légendaire qui appartient à l’histoire mythique de l’île de Bretagne, racontée par Geoffroy de Monmouth, clerc gallois du 12ème siècle, en se fondant sur des légendes locales. Fondé par Locrinus selon son Historia regum Britanniae, ce royaume est celui du roi Arthur dans différents textes du Cycle arthurien. Le nom est basé sur le mot Lloegr ou Lloegyr, nom brittonique donné à l’ancien royaume de Mercie, puis nom gallois donné à l’Angleterre, nom que le Gallois Geoffroy de Monmouth connaissait donc bien, et qu’il a adapté en latin, puisque le terme de son texte est Loegria. Les formes Loegrie et Logres en sont les adaptations françaises, empruntées à leur tour dans d’autres langues.
[6] actuel Pays de Galles
[7] Écosse
[8] Les Huns sont un ancien peuple nomade originaire de l’Asie centrale, dont la présence en Europe est attestée à partir du 4ème siècle et qui y établirent le vaste empire hunnique. L’origine des Huns est disputée. Les Huns ont joué un rôle important dans le cadre des grandes invasions qui contribuèrent à l’écroulement de l’Empire romain d’Occident. Sous le règne d’Attila, l’empire est unifié mais ne lui survit pas plus d’un an. Les descendants et successeurs des Huns occupent encore diverses parties de l’Europe de l’Est et d’Asie centrale entre les 4ème et 6ème siècles, et laissent encore quelques traces dans le Caucase jusqu’au début du 8ème siècle.
[9] York est une ville du nord de l’Angleterre. Située à la confluence de deux rivières, l’Ouse et la Foss, elle donne son nom au comté du Yorkshire. Fondée par les Romains sous le nom d’Eboracum, elle est l’une des villes majeures du royaume anglo-saxon de Northumbrie, puis la capitale du royaume viking de Jórvík. Elle est également le siège d’un archevêché de l’Église d’Angleterre. Après l’arrivée des Anglo-Saxons, York devint l’une des principales villes du royaume de Northumbrie sous le nom vieil anglais Eoforwic. Le roi Edwin y fut baptisé en 627. Elle devint le siège d’un évêché, puis d’un archevêché en 735. Tombée aux mains de la Grande Armée en 866, elle fut la capitale d’un royaume viking de 876 à 954 sous le nom de Jórvík, date de sa conquête définitive par le royaume d’Angleterre. Le 20 septembre 1066, Harald Hardrada s’empara de la ville, mais fut tué cinq jours plus tard par le roi Harold Godwinson à la bataille de Stamford Bridge, vainqueur qui devait périr à son tour à la bataille de Hastings peu de temps après. En 1190, Richard de Malbis et d’autres nobles d’York qui envisageaient de se joindre à Richard dans la troisième croisade profitèrent d’un incendie qui avait éclaté en ville pour faire courir une rumeur contre les Juifs. Les maisons de Benoît et Joce furent attaquées et ce dernier obtint la permission du gardien du château d’York d’y évacuer sa famille et l’ensemble des Juifs, probablement dans la tour de Clifford. Assaillis par la foule, les Juifs prirent peur et ne laissèrent pas rentrer le gardien qui avait quitté la tour. Il en appela au shérif, qui fit venir la milice du Comté. La tour de Clifford fut assiégée plusieurs jours. Un moine fit la cérémonie de sacrement chaque matin autour des murs comme pour sacraliser la lutte. Il fut écrasé d’une pierre jetée par les Juifs assiégés ; la colère de la foule devint alors une folie forcenée. Quand les Juifs de la tour de Clifford virent qu’ils n’avaient aucune alternative autre que de se soumettre au baptême ou périr aux mains de la foule, Yom-Tob ben Isaac de Joigny, tossafiste français et nouveau chef de la communauté, les exhorta à se tuer eux-mêmes plutôt que de succomber à la cruauté de leurs ennemis. Ceux qui étaient en désaccord furent autorisés à se retirer. Les autres se donnèrent la mort, après avoir mis le feu à leurs vêtements et marchandises pour éviter que ceux-ci ne tombent dans les mains de la foule.
[10] Leicester est une ville d’Angleterre située dans la région des Midlands de l’Est au Royaume-Uni. Administrativement, elle relève d’une autorité locale unique, dite « autorité unitaire », depuis 1997, mais elle reste partie intégrante du comté cérémoniel de Leicestershire, auquel elle a donné son nom.