Notes
[1] Quingey est une commune française, située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté. Située sur la rivière La Loue, Quingey se trouve à une vingtaine de kilomètres de Besançon, sur la route de Lons-Le-Saunier et de Lyon.
[2] L’archidiocèse de Besançon est une église particulière de l’Église catholique en France. Son siège est la cathédrale Saint-Jean de Besançon. Érigé au 3ème siècle, le diocèse de Besançon est élevé au rang d’archidiocèse métropolitain au 4ème siècle. En 1032, comme tout le Comté de Bourgogne, Besançon est donc rattachée au Saint Empire romain. L’archevêque de Besançon, Hugues de Salins, grâce à l’appui de l’empereur germanique, devient le seigneur de la ville, qui prospère sous son impulsion. Après la mort de celui-ci en 1066, une lutte pour sa succession plonge Besançon dans une longue période de crise. Aussi, pendant tout le Moyen Âge, Besançon restera une « ville libre » directement soumise à l’autorité impériale et indépendante du Comté de Bourgogne, dont Dole est la capitale.
[3] Le diocèse de Grenoble-Vienne-les-Allobroges (diocesis Gratianopolitana-Viennensis Allobrogum) est un diocèse français suffragant de Lyon. Le diocèse de Grenoble a été fondé vers 380, par la décision de l’empereur Gratien. Son premier évêque connu est saint Domnin. Les évêques étaient princes de Grenoble. Le territoire du diocèse s’étendait sur une grande partie du Haut Dauphiné, mais une partie de la Combe de Savoie (70 paroisses autour de Chambéry) en relevait également jusqu’au début du 18ème siècle.
[4] Le concordat de Worms est l’accord qui met fin à la Querelle des Investitures en 1122, conflit qui opposait le pape à l’empereur allemand depuis 1075. L’original de l’acte de l’empereur Henri V est conservé aujourd’hui aux archives du Vatican. En signant le concordat de Worms, l’empereur renonce à l’investiture par la crosse et par l’anneau. Il accepte la libre élection des évêques par le chapitre de la cathédrale. En cas de conflit lors de cette désignation, il peut arbitrer en faveur du candidat le plus digne. Il donne ensuite, d’abord en Allemagne puis, après son sacre, sur tout son territoire l’investiture temporelle sous la forme d’un sceptre pour les biens fonciers et les fonctions régaliennes de l’évêque. Ce dernier a l’obligation de s’acquitter des tâches que lui imposent les terres concédées par l’empereur. Mais ce droit de regard sur l’élection épiscopale ne s’exerce que sur les possessions allemandes de l’empereur. Il perd donc son influence sur la nomination des évêques en Bourgogne et en Italie. Or dans cette dernière région, les évêques étaient les plus fidèles soutiens de l’empereur et de gros pourvoyeurs de fonds pour le trésor impérial. L’empereur restitue aussi à l’Église les biens et les régales temporelles (le droit de percevoir les revenus d’un siège épiscopal vacant) et spirituelles (soit la nomination aux bénéfices et donc aux prébendes). Il garantit en outre paix et assistance à l’Église.
[5] La querelle des Investitures est le conflit qui opposa la papauté et le Saint Empire romain germanique entre 1075 et 1122. Elle tire son nom de l’investiture des évêques. Au Moyen Âge, l’investiture est un acte par lequel une personne met une autre en possession d’une chose. Au 11ème siècle, les souverains estiment que le fait de confier à un évêque ou à un curé des biens matériels leur permet de choisir l’officiant et de lui accorder les investitures spirituelles. Cette mainmise du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel a comme conséquence une défaillance profonde du clergé, qui n’assure plus son rôle. La réforme grégorienne qui débute au milieu du 11ème siècle entend lutter contre les manquements du clergé à ses devoirs, ce qui incite le pape à vouloir le contrôler, au détriment du pouvoir politique. Les monarques du Saint Empire romain germanique, pour qui les évêques sont aussi des relais de l’autorité impériale, s’opposent alors à cette prétention. Après une lutte sans merci entre les empereurs et les papes, la querelle des Investitures aboutit à une victoire provisoire du spirituel sur le temporel.
[6] Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ou pèlerinage de Compostelle est un pèlerinage catholique dont le but est d’atteindre le tombeau attribué à l’apôtre saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). Créé et instauré après la découverte des reliques de Jacques de Zébédée au début du 9ème siècle, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du 11ème siècle un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale. Mais c’est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle la Catholique, que le pape Alexandre VI déclare officiellement Saint-Jacques-de-Compostelle lieu d’un des « trois grands pèlerinages de la Chrétienté », avec ceux de Jérusalem et de Rome.
[7] Depuis la période carolingienne la papauté est tenue dans une situation d’infériorité chronique. À partir de 962, les empereurs du Saint Empire romain germanique contrôlent même l’élection des papes. Les laïcs accaparent les richesses de l’Eglise qui connaît une période de grand relâchement des mœurs. Au 11ème siècle, la réforme grégorienne parvient à soustraire la papauté et le clergé de l’influence des laïcs, empereur compris et à imposer une réforme des mœurs du clergé. Ce sont ces changements que le premier concile de Latran entérine. Considéré comme le neuvième concile œcuménique par l’Église catholique romaine, c’est le premier concile général tenu depuis le quatrième concile de Constantinople de 869. Il marque le triomphe de la papauté face aux empereurs du Saint Empire romain germanique dans la querelle des investitures.