Michel V dit le Calfat (1015-1042)
Empereur byzantin pendant 129 jours du 13 décembre 1041 au 20 avril 1042
Neveu de Michel IV dont la sœur Marie avait épousé un calfat [1] du nom d’Étienne, Michel ne montra aucune reconnaissance ni à l’endroit de l’impératrice Zoé qui l’avait adopté, ni à l’endroit de son oncle Jean l’Orphanotrophe à la suggestion duquel il devait le trône.
Réformateur, méprisé à cause de ses origines modestes, Michel V supprima les privilèges de l’aristocratie de la cour et voulut procéder à une profonde réforme de l’administration. Après avoir feint le plus grand respect à l’endroit de ses 2 bienfaiteurs, il les fit exiler sur les conseils de son oncle Constantin.
Mais si l’exil de Jean l’Orphanotrophe, détesté pour le fardeau fiscal imposé au peuple, ne provoqua aucune réaction, celui de l’impératrice Zoé, dernière survivante avec sa sœur Théodora de la dynastie macédonienne [2], provoqua une révolution.
Michel et son oncle Constantin durent fuir Constantinople [3] pour chercher refuge au monastère du Stoudion [4] où, rattrapés par la foule, ils eurent les yeux crevés et furent enfermés dans deux monastères différents le 21 avril 1042. Sa chute, racontée en détail par les chroniqueurs de l’époque, illustre l’influence de la population de la capitale dans le jeu politique byzantin au 11ème siècle. Au départ, rien ne destinait Michel V au trône impérial.
Son oncle Jean, surnommé l’Orphanotrophe ou l’Eunuque [5], avait fait carrière dans l’administration impériale après avoir quitté sa Paphlagonie [6] natale. Devenu protonotaire [7] de Basile II, il avait épousé le parti de Romain III Argyre , dont il était devenu le Parakimomène [8], avant d’épouser la carrière ecclésiastique et de devenir syncelle [9]. Il fut par la suite chargé de l’orphelinat Saint-Paul de Constantinople [10] d’où son surnom d’orphanotrophe.
Dévoré d’ambition pour sa famille, il n’eut de cesse que chaque membre ait obtenu un poste important à la cour. Aîné de 5 frères, lui-même ainsi que Constantin et Georges étaient eunuques et ne pouvaient à ce titre accéder au trône impérial. Ce n’était pas le cas des deux autres frères, Nicétas et Michel.
Georges fut nommé protovestiaire [11], Nicétas et Constantin furent faits successivement doux [12] d’Antioche [13]. Quant à Michel, après avoir été introduit au Palais par l’orphanotrophe et être devenu l’amant de l’impératrice Zoé, il épousa celle-ci, devenant empereur sous le nom de Michel IV. La sœur de Michel IV, Marie, avait pour sa part épousé un homme qui avait commencé sa carrière comme calfat de bateaux du nom d’Étienne, et avait probablement accumulé une fortune assez considérable pour pouvoir devenir membre de la famille impériale. Nommé par Jean commandeur de la flotte il devait en 1038 remplacer Georges Maniakès en Sicile [14], mais se révéla piètre officier ne parvenant pas à empêcher l’invasion sarrasine [15].
Souffrant depuis sa jeunesse d’épilepsie, mal auquel s’ajoutèrent à la fin de sa vie des œdèmes généralisés, Michel IV n’entreprit pas moins en 1041 une campagne contre les Bulgares [16] qu’il devait mener avec succès.
Il en revint toutefois épuisé et il devint évident pour la cour et en particulier pour Jean l’Orphanotrophe qu’il allait mourir. Désirant garder le contrôle du gouvernement et établir une “dynastie paphlagonienne”, Jean amena l’empereur à faire nommer Michel, fils d’Étienne et de Marie et alors commandant de la garde personnelle de Michel IV, césar, donc numéro deux de l’État et successeur éventuel de l’empereur. Pour asseoir sa légitimité, ils suggérèrent à l’impératrice Zoé à qui le pouvoir retournerait lors du décès de son mari d’adopter Michel. Zoé accepta cette suggestion et lors d’une cérémonie à l’église de la Vierge des Blachernes [17], l’éleva à la dignité de césar, lui rendant honneur et hommage comme au fils de l’impératrice.
Une fois devenu césar, Michel V continua de mener une vie effacée pour ne pas sembler aspirer trop ouvertement au trône. Il se tenait à l’écart dans les cérémonies officielles et ne s’assoyait pas à la table impériale sauf lors de banquets officiels. Ses 2 frères, Constantin et Nicétas, qui avaient mis en lui leurs espoirs de promotion, avaient même pris soin de lui choisir une résidence peu voyante hors de Constantinople. Non seulement son oncle l’empereur ne se soucia aucunement de lui, mais Michel ne pouvait se rendre au “Grand Palais” que sur convocation.
Lorsque Michel IV sentit sa fin approcher, il abdiqua et se fit moine au monastère des Saints-Côme-et-Damien [18]. L’impératrice Zoé, qui avait pourtant été abandonnée par l’empereur, vint en larmes supplier qu’il la reçoive une dernière fois, mais sans succès. Son frère Jean, resté à son chevet jusqu’à la fin, resta 3 jours près de lui après le décès.
Craignant qu’une fois connu le décès de l’empereur quelque autre prétendant n’apparaisse, Constantin et Nicétas se hâtèrent de forger un ordre impérial faisant venir le nouveau césar au Palais. Inquiet de la tournure que pouvait prendre les événements, Jean l’Orphanotrophe revint lui-même au Palais où il fut accueilli par ses frères avec la plus basse flatterie. Conscient cependant de l’attachement qu’éprouvait le peuple pour la dynastie macédonienne, Jean lors de la réunion familiale qui suivit engagea ses frères et le futur empereur à ne rien faire sans l’approbation de l’impératrice.
Obéissant à leur aîné, les frères se rendirent alors auprès de Zoé lui promettant que Michel ne serait empereur qu’en titre, celle-ci gardant les rênes du pouvoir, à moins qu’elle ne préfère régner qu’à travers lui, auquel cas il demeurerait son dévoué serviteur.
À la mort de Michel IV, le pouvoir revint donc à Zoé à qui il appartenait de choisir le nouvel empereur. Ce ne fut que 3 jours plus tard qu’elle se décida en faveur du jeune Michel. Zoé présenta alors le futur empereur à la foule qui attendait sa décision et celui-ci fut couronné par le patriarche à Sainte-Sophie [19]. Durant les premiers jours, voire les premières semaines, le scénario se déroula tel que prévu, Michel V affectant la plus grande soumission à l’égard de l’impératrice et la plus grande affection à l’endroit de son oncle Jean.
Bien vite toutefois son véritable caractère devait éclater au grand jour. Autant Michel Psellos estimait son prédécesseur au point d’excuser volontiers ses crimes, autant il détesta Michel V dans lequel il ne put rien trouver de bon. Lui reprochant l’obscurité de ses origines, il eût espéré que le pouvoir transformerait le nouvel empereur.
Quant à son caractère, Psellos reproche surtout à Michel V son hypocrisie. Ses premières victimes devaient être précisément les personnes qui le portèrent au pouvoir.
Bientôt l’empereur manifesta clairement son désir d’être son propre maître et de gouverner seul. Il prit comme principal conseiller non pas son oncle Jean comme l’avait fait son prédécesseur, mais son oncle Constantin, déjà domestique des Scholes [20], à qui il fit conférer par Zoé la dignité de nobellissime [21]. Or, depuis longtemps, Constantin était profondément jaloux de Jean et entendait bien provoquer sa chute. À l’issue d’une altercation entre les 2 hommes au cours d’un repas avec l’empereur, Jean quitta en fureur le palais pour se rendre non à sa résidence de Constantinople, mais dans l’une de ses propriétés à l’extérieur de la ville. Il croyait sans doute que l’empereur le rappellerait avec des excuses pour la conduite de Constantin.
De fait quelques jours plus tard, un navire impérial se présenta bientôt au port de sa résidence avec l’ordre de venir expliquer sa conduite devant l’empereur. Mais alors que le navire approchait du Grand Palais, un autre navire s’approcha, prit l’orphanotrophe à son bord et l’amena en exil sous le regard de l’empereur qui regardait la scène d’un balcon du palais ; il devait y mourir peu après. Jean étant très impopulaire, cette déchéance ne devait pas créer d’émoi dans la population. À la suite de quoi, Michel fit castrer tous les membres de la famille de Jean ayant atteint l’âge de la puberté.
Sur le conseil de son oncle Constantin, il fit sortir de prison nombre de personnes qui avaient été emprisonnées par Jean comme Constantin Dalassène et Georges Maniakès qu’il fit catépan [22] d’Italie où les Normands menaçaient de prendre Bari [23] et où les Arabes étaient en voie de reprendre les places fortes que Maniakès avait déjà conquises en Sicile.
Après avoir confié la direction des affaires à l’éminent juriste Constantin III Lichoudès , Michel s’en prit à l’aristocratie de la cour qui, tout en feignant soumission à son endroit, continuait à mépriser la bassesse de ses origines et son peu de droit à accéder au trône.
Déterminé à se venger, il humilia cette aristocratie, enlevant à ses membres leurs privilèges au point où ceux-ci craignirent pour leur vie. Il fit également l’erreur de renvoyer la garde varègue [24] pour la remplacer par des Scythes [25], tous eunuques, dont il s’assura la loyauté par des promotions exceptionnelles. La foule répondit avec enthousiasme à la déchéance de Jean, aux vexations à l’endroit des membres de la noblesse et aux nouvelles libertés. Lors des nombreuses processions qui marquaient la vie officielle à Constantinople, on tendait des étoffes de pourpre aux fenêtres et on mettait des tapis sous ses pieds.
L’erreur qui devait toutefois lui être fatale, fut de s’en prendre à l’impératrice Zoé.
Dernière survivante avec sa sœur Théodora de la dynastie macédonienne à laquelle était profondément attachée la population, celle qui était toujours l’impératrice Zoé demeurait, en dépit de son caractère fantasque, extrêmement populaire.
Michel V devint vite jaloux du statut et de la popularité de l’impératrice dont le nom était toujours prononcé avant le sien dans les acclamations publiques. Bientôt, il lui refusa l’entrée de la salle du conseil et l’accès au trésor public, la gardant comme l’avait fait Michel IV sous haute surveillance. 5 mois après son couronnement, il profita des festivités de Pâques pour mettre à l’épreuve sa popularité. Distribuant d’importantes largesses, il cru avoir suffisamment sécurisé sa position pour se débarrasser de la tutelle de Zoé. Dans la nuit du 18 au 19 avril 1042, Michel la fit tonsurer et l’envoya dans un monastère de l’île de Principo [26] dans la mer de Marmara [27], une des îles des Princes [28] sous prétexte qu’elle aurait comploté pour l’empoisonner.
Après avoir informé le Sénat des motifs de sa décision, Michel fit lire par l’éparque [29] de la ville, dans le forum de Constantin [30], une proclamation faisant état de l’exil de l’impératrice pour trahison et de la déposition du patriarche Alexis Studite, accusé d’avoir aidé l’impératrice dans ses agissements criminels. Néanmoins, le patriarche parvint à s’échapper.
Immédiatement après la lecture de cette proclamation, des voix se firent entendre dans la foule qui hier encore acclamait Michel V, pour réclamer sa destitution et son remplacement par Zoé, l’impératrice légitime.
Inquiet de la tournure des événements, Michel V rappela Zoé au palais, tout en insistant pour qu’elle demeure une moniale. Pour tenter d’apaiser l’insurrection, il apparut au kathisma [31] de l’hippodrome [32] avec Zoé, qui resta loyale à l’empereur. La vue de la vieille dame que certains ne reconnaissaient même plus sous ses habits de nonne, ne fit qu’attiser l’ardeur de la foule. Ne pouvant s’assurer de la fiabilité de son impératrice, la foule, sous la direction du général Constantin Kabasilas, se dirigea alors vers le couvent de Petrion pour aller chercher la deuxième survivante de la dynastie, Théodora, elle aussi religieuse. D’abord hésitante, celle-ci dut se résigner sous la menace et, troquant sa tenue de moniale contre une robe somptueuse, elle fut conduite à la cathédrale Sainte-Sophie pour y être proclamée impératrice. La portée de cet événement est significative car c’est contre sa volonté initiale que Théodora fut replacée au rang d’impératrice et probablement contre le souhait de Zoé car les deux sœurs entretenaient des relations compliquées. Les émeutiers agissaient donc en gardiens de la légitimité macédonienne par-delà les préférences de leurs représentantes directes.
La présentation de Zoé n’ayant pas réussi à apaiser la foule, Michel V décida de résister. Ce ne fit que redoubler l’ardeur de la population. En 36 heures la foule s’empara du Grand Palais et de ses bureaux dont ceux abritant les registres fiscaux ainsi que les palais de l’aristocratie civile ; dépassée, la garde varègue fut impuissante à protéger l’empereur. Selon Skylitzès, les émeutes firent 3 000 morts. Les chroniqueurs décrivirent une population de tous âges, de toutes conditions et de tous sexes qui se retrouva dans cette révolte.
Ayant appris que Théodora avait retrouvé son statut d’impératrice, Michel V et son oncle Constantin s’enfuirent au monastère du Stoudion pour y trouver refuge. Pendant ce temps, Théodora toujours à Sainte-Sophie nomma ses ministres et s’assura que Michel soit déposé. La foule qui l’entourait se dirigea alors vers le monastère du Stoudion où Michel V et son oncle se tenaient près de l’autel. De tout l’après-midi la foule, respectant la sainteté de l’autel, n’osa s’emparer des deux hommes qui reçurent les habits de moine. Le soir arriva le nouveau préfet de la ville, un certain Campanarus, disant qu’il avait reçu ordre de l’impératrice Théodora de raccompagner l’empereur et son oncle au palais et qu’il ne leur serait fait aucun mal. Sur le refus des 2 hommes de quitter l’église, le préfet donna alors ordre à ses hommes de s’emparer d’eux. Ceux-ci furent assis sur des ânes et se dirigèrent vers le Palais sur la Mésè [33], la grande avenue de Constantinople. Mais arrivés à l’endroit appelé “sigma”, le bourreau envoyé par Théodora approcha le cortège et les 2 hommes eurent les yeux crevés.
Peu de temps après Michel V fut envoyé au monastère d’Eleimon sur l’île de Chios [34] ; son oncle Constantin fut envoyé dans un autre monastère de l’île de Samos [35]. L’histoire ignore ce qu’il advint d’eux par la suite ; mais on sait que Michel V mourut à ce monastère dès le 24 août 1042.
Notes
[1] Un calfat est un ouvrier employé en construction navale pour le calfatage des bordés des navires. Historiquement, dans la marine traditionnelle, on prend dans l’équipage, selon la dimension du navire, un ou plusieurs calfats afin d’intervenir le cas échéant sur la coque. Il donne son nom au nœud de calfat, un nœud de chaise à deux ganses lui servant d’assise et de dossier rudimentaire qu’il utilise pour s’affaler à poste, le long de la coque.
[2] La dynastie macédonienne régna pendant presque deux siècles à Constantinople, soit de 867 à 1057. Elle doit son nom à son fondateur, Basile 1er qui naquit dans le thème byzantin de Macédoine (district administratif correspondant à la région d’Andrinople en Thrace). Elle a compté plus de 20 souverains, certains accédant au trône soit par usurpation, soit par mariage.
[3] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.
[4] Le monastère du Stoudion ou monastère de Stoudios était un établissement religieux de Constantinople fondé vers 460 par un bienfaiteur privé du nom de Studius ou Stoudios, un aristocrate qui fut consul pour l’année 454. Il était placé sous le vocable de saint Jean Baptiste. Il était situé à l’extrême sud-ouest de la ville byzantine, dans le quartier de Psamathia, non loin du Mur de Théodose et de la mer de Marmara. Ses moines étaient appelés « studites » ou « stoudites ». Il reste aujourd’hui les ruines de l’église du monastère, le plus ancien édifice chrétien subsistant partiellement à Istanbul.
[5] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.
[6] La Paphlagonie est une ancienne région de l’Asie Mineure, sur la côte nord, entre la Bithynie et le Pont, bornée au sud par la Galatie, qui avait pour capitale Amastris (Amasra) et comme villes principales Gangra (Çankırı) et Sinope (Sinop). Selon Hérodote, la Paphlagonie est au 6ème siècle av jc sous la domination de Crésus, roi de Lydie. En 480 av jc, elle envoie un contingent, dirigé par un certain Dotos, fils de Mégasidrès à Xerxès 1er pour son invasion de la Grèce. Après Alexandre le Grand, la Paphlagonie devint un royaume, dont le dernier roi Pylémène II, légua à sa mort, en 121 av jc, son territoire au père de Mithridate VI. Ce pays devint dès lors un sujet de guerre entre les rois du Pont et ceux de Bithynie. Les Romains, vainqueurs de Mithridate, la réduisirent en province romaine, et la réunirent à la province du Pont en 63 av jc. Elle en fut séparée et fit partie sous Dioclétien du diocèse du Pont.
[7] Un protonotaire est à l’origine le chef des collèges de notaires à la cour byzantine. Dans l’Église catholique, un protonotaire apostolique est un officier du Saint-Siège qui reçoit et expédie les actes des consistoires publics. Le terme désigne aussi un membre du système judiciaire dans plusieurs pays. La fonction de prōtonotarios, également proedros ou primikērios des notarioi, existe au sein de l’administration mésobyzantine en tant que direction des collèges de notarioi dans les différents départements administratifs. On trouve des prōtonotarioi des notarioi impériaux (secrétaires de la cour), des différents sekreta ou logothesia (ministères gouvernementaux), ainsi que dans chaque thème. Cette dernière catégorie apparaît au début du 9ème siècle en tant que fonction civile principale dans les provinces, sous l’autorité directe du stratēgos. Ces fonctionnaires sont principalement responsables des questions administratives et fiscales (relevant à ce titre de manière caractéristique du Sakellion), ainsi que de l’approvisionnement des armées thématiques. La fonction disparaît après les 9 et 12ème siècles, tout comme les thèmes et les logothesia, bien qu’il existe des traces d’un prōtonotarios servant de secrétaire impérial principal jusqu’à l’ère Paléologue
[8] Parakimomène était un titre porté par un haut dignitaire du palais des empereurs byzantins. Il était conféré par édit impérial, c’est-à-dire que le titulaire était révocable au gré du souverain. C’était l’une des 10 charges palatiales par édit, et la plus haute, qui étaient tout spécialement réservées aux eunuques. C’était un responsable chargé tout particulièrement d’assurer la protection du souverain pendant la nuit (portant d’ailleurs une arme), et en qui celui-ci devait avoir toute confiance. À partir du 9ème siècle, plusieurs titulaires de cette charge jouèrent un rôle politique de premier plan.
[9] poste de secrétaire général du patriarche de Constantinople généralement appelé à lui succéder
[10] L’Orphelinat de Constantinople est une institution impériale byzantine, un établissement unique en son genre dans la documentation conservée. Son administrateur s’appelait l’orphanotrophe. l’Orphanotropheion lui-même aurait été construit sous le règne de Justin II, à l’initiative du souverain et de sa femme Sophie, près d’une église placée sous l’invocation des saints Pierre et Paul, plus tard appelée simplement église Saint-Paul. Ces édifices se trouvaient près de la porte d’Eugène des murailles maritimes, un peu à l’ouest de la pointe de l’Acropole au débouché de la Corne d’Or sur le Bosphore. Une novelle des empereurs Léon VI et Alexandre, datée de 909 et déposée en l’église des Princes des Apôtres de l’Orphelinat (c’est-dire saint Pierre et saint Paul), rappelle qu’une rente annuelle de 443 nomismata d’or avait été instituée par Justin II en faveur de l’établissement, et proclame que cette donation continuera à avoir ses pleins effets, les biens de l’institution étant d’autre part déclarés inaliénables. À la fin du 11ème siècle, cet orphelinat était fort délabré. L’empereur Alexis 1er le restaura et l’accrut considérablement
[11] Le protovestiaire était un haut dignitaire de la cour des empereurs byzantins. Jusqu’au 11ème siècle, la charge de protovestiaire resta en général réservée aux eunuques. À partir du 12ème siècle, elle fut donnée à des grands seigneurs non eunuques, souvent des membres de la famille impériale, notamment un neveu de l’empereur. Au 13ème siècle, le titre ne correspondait plus qu’à une fonction d’apparat pendant les cérémonies : signaler la présence de l’empereur, agiter la main portant des clefs à travers la tenture dissimulant le souverain à la vue des assistants, recevoir la couronne et les vêtements impériaux des mains du préposé... Le protovestiaire avait aussi le privilège exclusif, s’il apercevait un insecte ou une tache sur le vêtement impérial, d’y porter la main sans y être invité. Il faisait partie des « familiers » dont la tente, en campagne, était dressée près de celle de l’empereur, l’un des rares à avoir accès au vaisseau impérial.
[12] gouverneurs
[13] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.
[14] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. Avec une superficie de 25 708 km², c’est la région la plus étendue de l’Italie et son territoire est constitué de neuf anciennes provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter 2 des 10 villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Son chef-lieu est Palerme.
[15] Sarrasins ou Sarrazins est l’un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi Arabes, Ismaélites ou Agaréniens. D’autres termes sont employés également comme Maures, qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de Sarrasin se cristallise finalement sur l’opposition avec l’ennemi dans le contexte des Croisades menées par l’Occident chrétien en Terre sainte.
[16] Le Premier Empire bulgare désigne un État médiéval chrétien et multiethnique qui succéda au 9ème siècle, à la suite de la conversion au christianisme du Khan Boris, au Khanat bulgare du Danube, fondé dans le bassin du bas Danube. Le Premier Empire bulgare disparut en 1018, son territoire au sud du Danube étant réintégré dans l’Empire byzantin. À son apogée, il s’étendait de l’actuelle Budapest à la mer Noire, et du Dniepr à l’Adriatique. Après sa disparition, un Second Empire bulgare renaquit en 1187.
[17] Les Blachernes sont un quartier au nord de Constantinople, situé entre le monastère de Chora, la porte d’Andrinople et la Corne d’Or et abritant, outre un palais, l’une des 24 portes de la muraille de Théodose II, appelée porte des Blachernes, ainsi que la basilique Sainte-Marie-Mère de Dieu, dite « Sainte-Marie des Blachernes ».
[18] Le monastère du Cosmidion est un établissement religieux chrétien de Constantinople durant le Moyen Âge. Il était consacré aux saints Côme et Damien, saints guérisseurs patrons de la médecine, aussi appelés Anargyres (sans argent). C’était un lieu de pèlerinage où l’on venait obtenir une guérison, et les bâtiments religieux étaient flanqués d’un hôpital
[19] Ancienne église chrétienne de Constantinople du vie siècle, devenue une mosquée au 15ème siècle sous l’impulsion du sultan Mehmet II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d’Istanbul. Depuis 1934, elle n’est plus un lieu de culte mais un musée. Depuis 2020 de nouveau une mosquée
[20] chef des armées impériales en Europe
[21] Le titre de nobellissime, nobélissime, nobilissimus (en latin : le plus noble) ou nōbelissimos est l’un des plus hauts titres impériaux à la fin de l’Empire romain et dans l’Empire byzantin. La forme féminine du titre est nobelissima.
[22] Le katepánō ou catépan est une fonction et un rang militaire important dans la hiérarchie byzantine. Le terme a été latinisé pour donner le mot de capetanus/catepan et sa signification pourrait avoir été associée à celle du mot italien capitaneus (qui vient du mot latin caput ou tête dirigeante). Ce terme hybride a donné naissance au mot français « capitaine » et à son équivalent dans les autres langues.
[23] Bari est une ville italienne, chef-lieu de la ville métropolitaine de Bari et de la région de Pouilles, sur la côte adriatique. Bari est connu pour être la ville où se trouvent les reliques de saint Nicolas. Ce privilège a fait de Bari et de la basilique de Bari l’un des centres importants de l’Église orthodoxe en Occident. Bari a une forte tradition marchande et est depuis toujours un centre névralgique du commerce et des échanges politico-culturels avec l’Europe et le Moyen-Orient. Son port est actuellement le plus grand port de passagers de la mer Adriatique.
[24] La garde varangienne ou garde varègue formait un corps d’élite de l’armée byzantine. Les Varègues apparurent dans le monde byzantin en 839 quand l’empereur Théophile négocia avec eux pour obtenir quelques mercenaires pour son armée. Bien que les Rus’ eussent le plus souvent des relations pacifiques avec les Byzantins, les raids varègues depuis le nord n’étaient pas rares. Ces attaques eurent lieu en 860, 907, 911, 941, 945, 971 et finalement en 1043. Ces raids n’eurent d’autre succès qu’une renégociation des traités de commerce ; militairement, les Varègues étaient toujours vaincus par l’armée de Constantinople, qui utilisait le feu grégeois. La classe gouvernante des deux villes-États puissantes de Novgorod et Kiev finit par devenir varègue, et les Byzantins purent bientôt acheter les services d’une force mercenaire officielle, qui devint la garde varègue. Ceci advint en 988, quand le prince de Kiev, Vladimir 1er se convertit à l’orthodoxie. En échange de la main de la sœur de Basile II, Anne, Vladimir donna 6 000 Varègues comme garde personnelle. Cette unité, s’ajoutant à la liste des tagmata, fut l’un des éléments les plus efficaces et loyaux de l’armée byzantine, comme le rapporte la chronique d’Anne Comnène pendant le règne de son père Alexis 1er.
[25] Les Scythes sont un ensemble de peuples nomades, d’origine indo-européenne, ayant vécu entre le 7ème siècle et le 3ème siècle av. jc dans les steppes eurasiennes, une vaste zone allant de l’Ukraine à l’Altaï, en passant par le Kazakhstan. Les Perses désignaient ces peuples par le nom de Saka, francisé en Saces. Les sources assyriennes mentionnent les Saces dès 640 avant l’ère chrétienne.
[26] Büyükada est la plus grande (5,4 km2) des neuf îles des Princes
[27] La mer de Marmara, autrefois appelée la Propontide, est une mer située entre l’Europe orientale et l’Asie Mineure et qui communique avec les Dardanelles au sud-ouest et le Bosphore au nord-est. Par ces détroits, elle constitue une mer transitoire entre la mer Égée (mer Méditerranée) et la mer Noire. La mer de Marmara s’étend sur une superficie de 11 500 km² et a une profondeur maximale de 1 261 mètres. Elle est bordée au nord et au sud par la Turquie et est située sur une faille responsable de nombreux et dramatiques séismes., à proximité d’Istanbul.
[28] Les Îles des Princes sont un archipel de neuf îles dans la mer de Marmara au sud-est d’Istanbul en Turquie. Elles forment l’un des trente-neuf districts d’Istanbul. On les appelait autrefois Panadanisia : « îles des Prêtres », en raison du grand nombre de couvents qui y avaient été construits. Le nom Îles des Princes vient de ce qu’elles servirent de lieu de plaisance ou de réclusion à des princes byzantins.
[29] préfet
[30] Le Forum de Constantin était une place publique importante au centre de l’ancienne Constantinople. Au milieu de la place se trouvait la colonne de Constantin qui existe encore, bien que la statue originelle qui la couronnait ait disparu de même que la croix qui la remplaça sous l’empereur Manuel 1er Comnène.
[31] Un kathisma est une division des psaumes en usage dans les Églises d’Orient – Églises orthodoxes et Églises catholiques de rite byzantin.
[32] L’hippodrome de Constantinople est l’arène hippique monumentale de la capitale de l’Empire byzantin, dans laquelle se déroulaient des courses de chars et d’autres manifestations. Sa construction est commencée par l’empereur Septime Sévère dans la ville qui s’appelait encore Byzance, pour être achevée par Constantin 1er pour sa nouvelle capitale, Constantinople. L’hippodrome a été ensuite utilisé jusqu’à la fin du 12ème siècle, avant d’être partiellement incendié par les Croisés en 1203. Aujourd’hui, les vestiges de l’hippodrome sont visibles sur la place du Sultan-Ahmet à İstanbul.
[33] La Mésē était la principale artère de Constantinople. Partant du Milion, point de départ de toutes les routes de l’empire, elle se dirigeait vers l’ouest en traversant les forums de Constantin et de Théodose avant d’arriver au Philadelphion, où elle se divisait en deux. Une branche au sud allait vers la porte d’Or, début de la via Egnatia (avec un embranchement dans le quartier Sigma vers la porte de Xylokerkos), l’autre, au nord, vers la porte de Charisius. Centre d’une intense activité commerciale, la Mesē était également bordée de nombreuses églises et était utilisée lors des grandes processions marquant la vie de l’empire.
[34] Chios ou Chio île et municipalité grecque de la mer Égée, proche de la Turquie dont elle est séparée par un détroit de 8 kilomètres seulement. Chios est réputée pour être le lieu de naissance d’Homère.
[35] Samos est une île grecque de la mer Égée, proche de l’Asie Mineure et située à 70 kilomètres au Sud-ouest de Smyrne, aujourd’hui Izmir en Turquie. Elle forme un dème (municipalité) et un district régional de la périphérie d’Égée-Septentrionale. Son chef-lieu est la ville de Vathy ; les deux autres villes sont Chora et Pythagorion (Tigani).