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Ali ibn Abu’l-Hayja Abdallah ibn Hamdan ibn al-Harith Sayf al-Dawla al-Taghlibi dit Sayf al-Dawla

samedi 12 septembre 2026, par lucien jallamion

Ali ibn Abu’l-Hayja Abdallah ibn Hamdan ibn al-Harith Sayf al-Dawla al-Taghlibi dit Sayf al-Dawla

Fondateur de l’émirat chiite [1] d’Alep [2], recouvrant la grande majorité du nord de la Syrie [3] et certaines régions occidentales de la Djézireh [4]. Il est le frère d’ al-Hasan ibn Abdallah ibn Hamdan dit Nasir al-Dawla .

Il commence sa carrière en dirigeant la ville de Wasit [5] en Irak [6] et fut impliqué dans les conflits du calife Abbasside [7] qui dirigeait Bagdad [8]. Il estima alors que davantage de chances s’offraient à lui à l’est, en Syrie qui était alors sous la domination des Ikhchidides [9].

Ali s’empare de la Syrie du nord et d’Alep en 944 grâce aux troupes et à l’appui financier de son frère Hassan Nâsir al-Dawla, puis en 947, Damas [10] à la 3ème tentative. Il se dirige alors vers l’Égypte mais doit s’arrêter à Ramla [11], négociant alors un traité de paix avec la dynastie dirigeante.

Il jette les bases d’un État syro-mésopotamien qui deviendra vite indépendant des autorités basées à Mossoul [12] et Bagdad. Il résiste seul aux Byzantins [13], conduisant ses soldats au combat selon d’anciennes tactiques militaires arabes. Il lance de multiples razzias en territoire byzantin. Son royaume devient vite prospère.

Il est cependant sévèrement battu par les byzantins en novembre 958, puis en novembre 960 et à nouveau le 23 décembre 962 contre une armée qui reprend Alep, dirigée par Nicéphore II Phocas qui cherche à libérer l’est méditerranéen de la piraterie. Homme de culture, il protège les lettrés comme les poètes Abu Firas et al-Mutanabbi , et le philosophe Al-Farabi.

Il meurt en janvier 967 à l’âge de 51 ans, et est remplacé par son fils Saad el-Dawla.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ali Sayf al-Dawla/ Portail de l’Irak/ Catégories : Émir hamdanide

Notes

[1] Le chiisme duodécimain désigne le groupe des chiites qui croient dans l’existence des douze imams. 90 % des chiites sont duodécimains et ils sont majoritaires parmi les écoles de la pensée chiite. Ils sont majoritaires en Azerbaïdjan, à Bahreïn, en Iran, en Irak, et constituent la communauté musulmane majoritaire au Liban.

[2] En 637, le général arabe Khalid ibn al-Walid conquit la Syrie face aux Byzantins. D’abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville d’Alep est confiée à partir du 10ème siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.

[3] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[4] La Djézireh, Jazîra ou (la) Jezire, partie du Nord de la Mésopotamie correspondant à la région géographique de la Haute Mésopotamie, est une ancienne province de Syrie située dans le Nord-Est de ce pays, le long des frontières avec la Turquie et l’Irak. Elle correspond quasiment à l’actuel gouvernorat d’Hassaké. Historiquement, le Djézireh a été habité par des nomades kurdes et arabes. Les auteurs médiévaux situent le territoire des groupes kurdes dans le Djézireh syrienne, et la transhumance des Kurdes et des Arabes dans le Djézireh est constatée par Ibn Hawqal au 10ème siècle. Le Djézireh était pâturage d’hiver pour les Kurdes et pâturage d’été pour les Arabes

[5] Wasit est le nom d’un site archéologique d’Irak. Elle a été nommée ainsi par son fondateur car elle est à mi-chemin de Bassora et Bagdad sur la rive gauche du Tigre. La ville de Wâsit a été fondée par Al-Hajjaj ben Yusef en 702 pour être sa résidence lui permettant de contrôler la frontière avec la Perse.

[6] L’histoire de l’Irak commence avec la Mésopotamie ; la région abrite quelques-unes des plus anciennes civilisations du monde, Sumer, Assyrie, Babylone. Les vallées du Tigre et de l’Euphrate appartiennent ensuite à une succession d’empires qui lui sont étrangers : empires perse achéménide, grec (Alexandre le Grand suivi des Séleucides), Parthes, Sassanides. À l’époque pré-islamique, cette région porte le nom de Khvarvaran, qui est une des provinces de l’empire Sassanide. Le nom Irak dérive du terme persan Erak, qui signifie « bas-Iran ». Conquis par les Arabes sous les Omeyyades, l’Irak est, un temps, le centre du monde musulman sous les Abbassides. L’Irak redevient ensuite un champ de bataille entre les empires du Moyen-Orient, jusqu’à la conquête britannique en 1918, qui en fait un État souverain sous mandat anglais.

[7] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.

[8] Bagdad ou Baghdad est la capitale de l’Irak et de la province de Bagdad. Elle est située au centre-Est du pays et est traversée par le Tigre. Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au 8ème siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad.

[9] Les Ikhchidides sont une dynastie de gouverneurs autonomes dirigeant l’Égypte, de 935 à 969, dans un premier temps sous l’autorité des Abbassides, puis rapidement devenus indépendants. L’État Ikhchidide est un État fondé en Égypte par Abû Bakr Muhammad ben Tughj al-Ikhchîd, émir missionné par le calife abbasside Ar-Râdî. Devenu rapidement indépendant cet état s’étend ensuite vers le Levant et le Hedjaz. Il succède ainsi à la dynastie des Toulounides qui 30 ans auparavant tenait un émirat indépendant dans la même aire géographique, également sous la tutelle uniquement théorique des Abbassides. L’émirat Ikhchide chute en 969 face aux armées de Jawhar lors de la conquête fatimide.

[10] Damas est l’une des plus anciennes villes continuellement habitées. Elle est aussi la ville la plus peuplée de la grande Syrie (Assyrie) (des traces archéologiques remontent au 4ème millénaire av. jc). Elle est citée dans la Bible, dans le livre de la Genèse, et plusieurs fois dans les Livres des Rois et des Prophètes. Damas connut l’influence de nombreuses civilisations dont celles des Assyriens, Perses, Grecs, Séleucides, Romains, Arabes et Turcs. De la fin du 12ème siècle av. jc à 734 av. jc, elle est la capitale du royaume d’Aram-Damas. Elle fut l’un des berceaux du christianisme et vit saint Paul prononcer ses premières prédications, notamment dans la maison d’Ananie, où celui-ci a ouvert une église domestique dès l’année 37. Cette dernière est la plus vieille de Syrie (aujourd’hui dans le quartier chrétien de Bab Touma). En 635, Damas se soumit aux musulmans et devint la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Avec l’adoption de la langue arabe, elle devint le centre culturel et administratif de l’empire musulman durant près d’un siècle. Par la suite, elle demeura un foyer culturel majeur et un pôle économique de premier plan profitant de sa situation géographique privilégiée, à la croisée des chemins de La Mecque, l’Afrique, l’Anatolie, la mer Méditerranée et l’Asie (route de la soie en direction de la Chine et du commerce des épices avec l’Inde).

[11] Ramla est une ville israélienne et la capitale administrative du district centre. Ramleh est fondée en 716 par le calife omeyyade Sulayman. C’est la seule ville de Palestine construite de toutes pièces par les Arabes. Sulayman y fait expressément construire son palais, la mosquée, l’approvisionnement en eau (un canal et des citernes) et impose le plan de la ville (voirie, répartition des îlots), mais laisse aux habitants le soin de construire les maisons. Après sa construction, beaucoup de chrétiens et de Samaritains de Lydda ainsi que les Juifs ont peuplé la nouvelle ville. Elle sert de capitale administrative pour la région sous les Omeyyades et les Abbasides. Grâce à sa situation au croisement des routes entre Jérusalem et Jaffa, et entre l’Égypte et Damas, la ville est prospère jusqu’à l’époque des Croisades.

[12] Mossoul est une ville du nord de l’Irak, chef-lieu de la province de Ninive, en Haute mésopotamie. Appartenant de jure à l’Irak, Mossoul est située sur les ruines de Ninive. C’est la ville qui lui a succédé comme métropole régionale à l’époque chrétienne. Elle est alors d’obédience nestorienne et abrite les tombes de plusieurs évangélisateurs. Prise en 641 par les Arabes, elle devient le principal pôle commercial de la région en raison de son emplacement, au carrefour des routes de caravanes entre la Syrie et la Perse. C’est à cette époque qu’elle devient réputée pour ses tissus fins de coton, les mousselines, ainsi que pour son marbre. Au 10ème siècle, l’émirat de Mossoul acquiert une quasi-indépendance avant de devenir au 11ème siècle la capitale d’un État seldjoukide. Au 13ème siècle, elle est conquise et pillée par les Mongols. En 1262, elle passe sous domination perse, puis ottomane.

[13] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.