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Wihtburh ou Withburga

mercredi 26 août 2026, par lucien jallamion

Wihtburh ou Withburga

Religieuse anglo-saxonne

Fondatrice d’un couvent à Dereham [1] dans le Norfolk [2].

D’après les textes de “la légende royale kentique” Wihtburh est la plus jeune fille du roi des Angles de l’Est [3] Anna. Le Liber Eliensis [4] rapporte qu’elle devient religieuse et fonde le couvent de Dereham, dans le Norfolk, après la mort de son père au combat, en 653 ou 654.

La Chronique anglo-saxonne [5] indique qu’en 798, son corps est exhumé et ne présente aucun signe de décomposition, 55 ans après sa mort qui aurait donc eu lieu en 743.

Cependant, il semble peu plausible qu’une fille d’Anna ait pu mourir aussi tardivement. En outre, Bède le Vénérable ne mentionne pas Wihtburh dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais [6], contrairement aux autres filles d’Anna qui sont devenues religieuses. L’ascendance exacte de Wihtburh est donc considérée comme incertaine par les historiens modernes.

En 974, les moines de l’abbaye d’Ely [7] attaquent l’église de Dereham et volent les reliques de Wihtburh pour les ramener dans leur monastère. Il est possible qu’ils aient inventé l’ascendance de Wihtburh pour des raisons de prestige, afin de la lier à Seaxburh et Etheldrède d’Ély, les premières abbesses de leur propre communauté.

En 1106, ses reliques sont transférées dans un nouveau sanctuaire, avec celles de ses prétendues sœurs, au sein de la cathédrale d’Ely. Elles y restent jusqu’à la Réforme.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Mary Dockray-Miller, Motherhood and Mothering in Anglo-Saxon England, New York, St. Martin’s Press, 2000, 161 p. (ISBN 978-0-312-22721-0).

Notes

[1] Dereham ou East Dereham est une ville et une paroisse civile du Norfolk, en Angleterre. Elle est située à 25 kilomètres environ à l’ouest de la ville de Norwich, dans le district de Breckland dont elle est le chef-lieu.

[2] Le Norfolk est un comté situé en Angleterre, constituant la partie septentrionale de la région d’Est-Anglie. Sa ville principale et son centre administratif est Norwich. Il compte également plusieurs bourgs comme King’s Lynn, Thetford, Wymondham, Dereham ou encore Fakenham.

[3] L’Est-Anglie, ou royaume des Angles de l’Est, est un royaume anglo-saxon établi au cours du Haut Moyen Âge sur les actuels comtés anglais du Suffolk et du Norfolk. Sa fondation légendaire, vers le milieu du 6ème siècle, aurait été le fait d’envahisseurs germaniques appartenant à la tribu des Angles. Il disparaît comme entité indépendante après les invasions vikings du 9ème siècle, mais le titre de comte d’Est-Anglie continue à être donné au sein du royaume d’Angleterre jusqu’à la fin du 11ème siècle, et la région conserve le nom d’Est-Anglie à ce jour.

[4] Le Liber Eliensis est une chronique anonyme en latin rédigée au 12ème siècle à l’abbaye d’Ely, dans le Cambridgeshire. Fondé sur de nombreuses sources historiques antérieures, le Liber Eliensis retrace l’histoire de l’abbaye de sa fondation en 673 jusqu’au milieu du 12ème siècle. Il rapporte les miracles attribués à Aethelthryth, la fondatrice de l’abbaye, sa destruction par les Vikings et sa reconstruction sous le règne d’Edgar le Pacifique, son élévation au rang d’évêché en 1109 et la carrière des premiers évêques d’Ely, notamment Néel et ses démêlés avec le roi Étienne de Blois. Le Liber Eliensis fait partie d’une série d’histoires locales produites dans divers monastères du royaume d’Angleterre dans la deuxième moitié du 12ème siècle. Il est le plus long de ces textes et constitue une source importante pour l’histoire d’Ely et de sa région, les marécages des Fens. Le récit est entrecoupé de nombreuses chartes et autres documents témoignant des donations reçues par l’abbaye et prouvant les droits régaliens auxquels prétend la communauté monastique sur ses terres.

[5] La Chronique anglo-saxonne est un ensemble d’annales en vieil anglais relatant l’histoire des Anglo-Saxons. Le manuscrit original est probablement rédigé dans le royaume de Wessex sous le règne d’Alfred le Grand, à la fin du 9ème siècle. De multiples copies sont distribuées aux monastères d’Angleterre et ensuite mises à jour indépendamment les unes des autres.

[6] L’Histoire ecclésiastique du peuple anglais (Historia ecclesiastica gentis Anglorum en latin) est un ouvrage de Bède le Vénérable écrit vers 731. Comme son titre le suggère, il s’agit d’une histoire de l’Angleterre qui s’intéresse tout particulièrement à sa christianisation.

[7] La cathédrale de la Sainte et Indivisible Trinité est l’église mère du diocèse d’Ely, dans la région de l’Est-Anglie en Angleterre. Le premier édifice chrétien construit en ce lieu fut le monastère double fondé en 673 par sainte Etheldrède, princesse saxonne de la région, qui repose d’ailleurs à l’intérieur de la cathédrale, face au maître-autel. Détruit par les Danois en 870, le monastère fut reconstruit pour devenir une communauté bénédictine en 970.