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Ézékiel catholicos nestorien

mardi 25 août 2026, par lucien jallamion

Ézékiel catholicos nestorien

29ème catholicos de l’Église de l’Orient de 570 à 581

Logo de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient (wiki/Église apostolique assyrienne de l'Orient)Sa carrière est retracée par la Chronique de Séert [1]. Médecin de profession, il avait été disciple du catholicos Aba 1er ; il était d’autre part le gendre de Paul, prédécesseur d’Aba. Il fut nommé évêque de Zabé par le catholicos Joseph, qui avait expulsé illégalement le titulaire précédent.

Mais Ézékiel, homme de talent, sachant de plus parler la langue perse, capta bientôt la bienveillance du roi Khosrô 1er et se posa en rival de Joseph. Le roi l’envoya avec des plongeurs pêcher des perles à Bahreïn [2], et il en rapporta une d’une taille merveilleuse, ce qui établit définitivement sa faveur, tandis que celle de Joseph baissait. Il obtenait tous les décrets qu’il voulait. Malekh, évêque de Darabgerd [3], dans le Fars [4], obtint par lui un décret faisant cesser la persécution anti-chrétienne dans son diocèse. Joseph, par jalousie, s’allia avec le grand-prêtre des mazdéens [5] et fit annuler la mesure. L’Église du Fars, en l’apprenant, rompit avec lui.

Finalement Joseph, rejeté par l’Église et ayant totalement perdu la faveur royale, fut destitué et excommunié par un synode, sans doute en 566, mais il fallut l’intervention de Khosrô pour qu’il quitte ses fonctions en février 567. Le synode, à l’initiative notamment de Paul, métropolite [6] de Nisibe [7], s’était entendu sur le nom d’Ézékiel pour la succession. Mais les partisans de Joseph provoquèrent des divisions, et le roi s’opposa finalement à toute élection avant qu’il y ait consensus, ce qui fit traîner les choses jusqu’à la mort de Joseph en 570.

Mais un nouveau synode conduisit alors à l’élection d’Isaïe, directeur de l’École patriarcale de Séleucie [8]-Ctésiphon [9]. Le métropolite Paul de Nisibe et d’autres évêques intervinrent pour qu’on en reste à la décision du synode précédent, d’autant plus que c’était Ézékiel qui jouissait de la faveur royale. C’est donc ce dernier qui fut proposé à Khosrô pour l’autorisation d’investiture.

Habile dans la conduite des affaires, Ézékiel sut réintégrer rapidement sans heurts les partisans de Joseph. En février 576, il présida un synode qui adopta 36 canons disciplinaires. Mais il eut de mauvais rapports avec les évêques : accompagnant le roi Khosrô dans sa campagne militaire contre la forteresse byzantine de Dara [10], en 573, il s’arrêta à Nisibe où le métropolite Paul le reçut d’abord avec tous les honneurs, mais ils se brouillèrent au point que le catholicos* annonça qu’il allait destituer Paul dès que le roi se serait emparé de Dara. Finalement le métropolite mourut au moment de la prise de la forteresse en novembre 573, échappant ainsi à la déposition. Ézékiel traita d’autre part les évêques d’aveugles guidant des aveugles, et on considéra comme un châtiment du ciel le fait qu’il perdit la vue 2 ans avant sa mort. La Chronique de Séert ne sait pas s’il fut enseveli à Hira [11] ou à Séleucie-Ctésiphon.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ézékiel (catholicos nestorien)/ Portail des chrétiens d’Orient/ Catégories  : Patriarche de l’Église de l’Orient

Notes

[1] La Chronique de Séert, dite aussi Histoire nestorienne, est un texte historiographique ecclésiastique arabe écrit par un écrivain nestorien anonyme vers 1036, et qui appartient à la littérature de l’Église d’Orient.

[2] Bahreïn ou le royaume de Bahreïn, est un petit État insulaire d’Arabie, situé près de la côte ouest du golfe Persique, au Moyen-Orient. L’île de Bahreïn, qui est reliée à l’Arabie saoudite par la chaussée du roi Fahd vers l’ouest, constitue l’essentiel de son territoire. L’Iran se situe à environ 200 kilomètres au nord et le golfe de Bahreïn sépare l’île de la péninsule du Qatar au sud-est. Bahreïn a été l’un des lieux emblématiques de la civilisation antique de Dilmun, avant de tomber sous les dominations successives des empires parthe et sassanide. La région est convertie à l’islam en 628, ce qui en fait l’un des premiers pays musulmans. Après une période de domination par les Arabes, Bahreïn est occupé par les Portugais en 1521, avant d’être conquise par le Chah Abbas 1er de l’Empire perse des Séfévides en 1602. En 1783, la tribu arabe Bani Utbah, venue du centre de la péninsule Arabique, s’empare de l’île et le pays est depuis dirigé par la famille royale Al Khalifa.

[3] Darab est une ville de la province de Fars, au Sud-Ouest de l’Iran, chef-lieu du département éponyme. Elle était anciennement nommée Darabgerd sous la dynastie Achéménides

[4] Le Fars ou Pars est une des trente provinces d’Iran, au sud-ouest du pays. Sa capitale est Chiraz. Le Fars a une superficie de 122 416 km². Le Fars est la terre d’origine des Persans. Perse et Persan dérivent tous deux de la forme hellénisée Persis venant de la racine Pārs. Fārs est la version arabisée de Pars. Dans l’Antiquité, le Fars était appelé Perside.

[5] Le mazdéisme est une religion iranienne qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda. Le livre sacré du mazdéisme est l’Avesta.

[6] Métropolite est un titre religieux porté par certains évêques des Églises d’Orient. À l’origine, le métropolite est l’évêque d’une capitale de province (métropole) romaine investi de la charge de présidence des conciles ou synodes provinciaux. Dans l’Église d’Occident, on prit l’habitude de dire « métropolitain » pour désigner un archevêque assurant un rôle de coordination entre les évêques titulaires des sièges qui composent la province ecclésiastique. En Orient on utilise le terme de métropolite qui, au cours de l’histoire, est souvent synonyme d’archevêque. Dans l’Église orthodoxe d’aujourd’hui, les deux termes ont des usages distincts. Mais il faut distinguer l’usage grec, l’usage russe et l’usage roumain.

[7] ville située aux confins des empires romain et perse, passée plusieurs fois de l’une à l’autre domination, située aujourd’hui dans le sud-est de la Turquie

[8] Séleucie du Tigre est une ville antique ruinée située en Irak, en face de Ctésiphon et à 35 kilomètres environ de Bagdad. Elle fut une des plus grandes cités de Mésopotamie à la fin de l’Antiquité, s’inscrivant dans l’histoire entre Babylone et Bagdad. Fondée par le successeur d’Alexandre le Grand, Séleucos 1er Nicator, elle devint rapidement une très grande ville et un centre commercial incontournable. Après son passage dans l’empire des Arsacides, elle resta fortement marquée par ses origines grecques, ce qui lui donnait une place à part dans l’empire et qui ne doit pas cacher le caractère très cosmopolite de l’agglomération. Souvent disputée par les Romains, la grande cité déclina au 3ème siècle, concurrencée par la fondation voisine de Coche par les souverains sassanides.

[9] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[10] Dara ou Daras est une forteresse byzantine marquant la frontière avec l’empire sassanide. Le site a été le théâtre d’importantes batailles entre les deux empires en 530 et en 573. Le village d’Oğuz se trouve dans la province de Mardin en Turquie à 30 km au sud-est de la ville de Mardin sur la route de Nusaybin (Nisibe).

[11] Al-Hîra est une ville d’Irak située sur la rive droite de l’Euphrate à 18 km au sud-est de Nadjaf, capitale lakhmide vers 350-636, près de Koufa et Nadjaf, détruite vers 633 lors de la conquête musulmane de la Perse lors de la bataille d’Al-Hira en 633.