Drappès
Aristocrate Sénon [1]. Il nous est connu par 5 mentions de Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules [2].
Il est l’un des derniers chefs gaulois révoltés contre Rome après la défaite de Vercingétorix à Alesia en 52 av. jc. Il est vaincu et fait prisonnier lors de la prise d’Uxellodunum [3] en pays cadurque [4] en 51 av. jc. Il meurt peu après.
Lors de la guerre des Gaules [5], de 58 à 51 av. jc, Jules César a dû faire face à de nombreuses révoltes, notamment l’insurrection générale de 52 av. jc menée par Vercingétorix, roi des Arvernes [6]. Les Sénons, probables clients des Éduens [7], se sont déjà révoltés avec leur chef Acco en 53 av. jc puis sous la conduite de Camulogène en 52 av. jc, tué à la bataille de Lutèce [8]. César y a installé son principal campement avec 6 légions.
Les Sénons participent à nouveau à l’insurrection générale menée par Vercingétorix en 52 av. jc et envoie des troupes dans l’armée de secours envoyée au siège d’Alesia. La défaite des Gaulois est décisive mais quelques rebelles résistent encore, notamment le Sénon Drappès.
Assiégés dans l’oppidum par Caninius, Lucterios est fait prisonnier lors d’une sortie de ravitaillement et Drappès est fait prisonnier lors de la prise de la ville.
Après la venue en personne de César à Uxellodunum [9] pour la reddition de l’oppidum, Drappès se laisse mourir de faim, sans doute pour éviter le déshonneur d’être exhibé en triomphe.
Notes
[1] peuple dont le territoire est approximativement localisé dans l’actuel département de l’Yonne
[2] Les Commentaires sur la guerre des Gaules (en latin : Commentarii de Bello Gallico), ou simplement La Guerre des Gaules (Bellum Gallicum ou De Bello Gallico), constituent un ouvrage d’histoire en 7 livres où Jules César raconte sa victorieuse guerre des Gaules (58-52 av. jc) ; ils sont complétés par un 8ème livre, écrit plus tard par Aulus Hirtius.
[3] Uxellodunum est le nom d’un oppidum gaulois, situé dans le Quercy actuel. Il est surtout connu pour avoir été le lieu de la dernière bataille de la guerre des Gaules, en 51 av. jc, César emportant la reddition de la place à la suite de son siège. Son nom signifie la « forteresse élevée ». C’est un nom gaulois assez répandu qui a évolué en Issolu, Issolud, Issoudun, Exoudun, à plusieurs occasions, dans la toponymie de la Gaule romaine. Longtemps objet de débats, la localisation d’Uxellodunum au Puy d’Issolud, sur le territoire de la commune de Vayrac (Lot), est désormais démontrée par les fouilles archéologiques et admise par la communauté scientifique.
[4] Peuples gaulois qui donna leur nom au Quercy et à la ville de Cahors. Les Cadurques semblent avoir aboli la royauté, le pouvoir étant entre les mains de l’aristocratie foncière. Les Cadurques émette des pièces en argent dont certaines vont se répandre dans tout le sud-ouest de la Gaule. Leur chef Lucterius ou Lucterios fut un fidèle allié de Vercingétorix dans sa lutte contre Jules César. Un an après la reddition de Vercingétorix à Alésia, Lucterius et Drappès le Sénon se réfugièrent dans l’oppidum d’Uxellodunum pour y poursuivre la lutte. Vaincu, Lucterius chercha refuge chez le chef arverne Epasnactos, qui le livra à César.
[5] La guerre des Gaules est une série de campagnes militaires menées par le proconsul romain Jules César contre plusieurs nations gauloises. La guerre de Rome contre elles dure de 58 à 51-50 av. jc, et aboutit à la décisive bataille d’Alésia en 52 av. jc, qui mène à l’expansion de la République romaine sur l’ensemble de la Gaule.
[6] Peuple gaulois du Massif central. Ils furent un des peuples les plus puissants de la Gaule centrale, s’opposant à plusieurs reprises à la puissance romaine. Les Arvernes ont légué leur nom à l’Auvergne. Leur capitale, lors de la guerre des Gaules, Gergovie, se trouvait sur un plateau qui domine l’actuelle ville de Clermont-Ferrand.
[7] Les Éduens étaient un peuple de la Gaule celtique. Ils étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de la Saône-et-Loire ainsi qu’au sud de celui de la Côte d’Or et à l’est de celui de l’Allier. Bibracte était leur capitale. Ils étaient régis par un chef électif, le vergobret. Les Romains firent, dès le 1er siècle av. jc, alliance avec eux, et le sénat romain les proclama frères de la république. Rome profita de la rivalité qui divisait les Éduens et les Arvernes pour intervenir dans les affaires de la Gaule et l’asservir plus facilement.
[8] La bataille de Lutèce vit la victoire des Romains de Titus Labienus sur une coalition gauloise commandée par le chef Camulogène pour le contrôle de Lutèce. Jules César raconte la bataille dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, pour laquelle il s’appuie à la fois sur le rapport de Labienus et sur un épisode de l’Histoire de Polybe. Les deux armées se trouvaient dans la plaine de Grenelle entre les villages d’Issy-les-Moulineaux et de Vaugirard. Au premier choc, la 7ème légion placée à l’aile droite enfonce l’ennemi et le met en déroute. La 12ème légion formant l’aile gauche, accabla les premiers rangs gaulois de flèches et de javelots, mais elle rencontra une défense opiniâtre, d’autant qu’elle était commandée par leur vieux chef, l’Aulerque Camulogène. La victoire semblait incertaine lorsque la 7ème légion, revenant de la poursuite des ennemis apparut avec ses étendards et attaqua les Gaulois par derrière, leur coupant ainsi la possibilité de retraite. Ce fut un terrible carnage dans lequel Camulogène périt les armes à la main.
[9] Uxellodunum est le nom d’un oppidum gaulois, situé dans le Quercy actuel. Il est surtout connu pour avoir été le lieu de la dernière bataille de la guerre des Gaules, en 51 av. jc, César emportant la reddition de la place à la suite de son siège. Son nom signifie la « forteresse élevée ». C’est un nom gaulois assez répandu qui a évolué en Issolu, Issolud, Issoudun, Exoudun, à plusieurs occasions, dans la toponymie de la Gaule romaine. Longtemps objet de débats, la localisation d’Uxellodunum au Puy d’Issolud, sur le territoire de la commune de Vayrac (Lot), est désormais démontrée par les fouilles archéologiques et admise par la communauté scientifique.