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L’histoire pour le plaisir

Shulgi

lundi 20 juillet 2026, par lucien jallamion

Shulgi (mort vers 2047 av jc)

Roi de la troisième dynastie d’Ur de 2094 à 2047 av. jc

Fils et successeur d’Ur-Namma, il règne sur le pays de Sumer.

Il se rapproche de la conception agadéenne [1] de l’empire en adoptant le titre de roi des 4 nations et en accolant le signe divin à son nom.

Il entreprend la réorganisation politique, militaire et administrative du royaume. La deuxième partie de son règne après 2070 av. jc est occupée à une politique territoriale plus active, notamment vers l’Élam [2], le Zagros [3] et le Kurdistan [4].

Il meurt vers 2047 av jc, dans des circonstances indéterminées, peut-être tumultueuses. Amar Sîn lui succède.

Sur ses ordres est construit le Mur de la Terre. Il s’agit d’un ouvrage défensif de 250 kilomètres de long, entre le Tigre [5] et l’Euphrate [6].

Lors de son règne, sont mis par écrit de grands cycles épiques et textes lyriques tels que les histoires d’ Enmerkar , Lugalbanda , l’Epopée de Gilgamesh et les Hymnes de Shulgi [7].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Chambon G. 2011 ”Shulgi. Le roi omniscient”, Dossiers d’Archéologie

Notes

[1] L’empire d’Akkad, parfois appelé Empire akkadien ou plus simplement Akkad, est un État fondé par Sargon d’Akkad et qui domina la Mésopotamie de la fin du 24 au début du 22ème siècle av. jc, selon la chronologie la plus couramment retenue, même s’il est possible qu’il se soit épanoui environ un siècle plus tard, les datations étant incertaines pour une période aussi lointaine. Prenant le pouvoir à Kish, Sargon parvient rapidement à dominer le Sud mésopotamien, qu’il dirige depuis sa capitale, Akkad, avec l’appui d’une élite qui est majoritairement de langue akkadienne, sémitique, par opposition au sumérien de la majorité des gens des provinces les plus méridionales. Il parvient à s’étendre en direction du plateau iranien dans la région de Suse, à dominer la Haute Mésopotamie, puis à lancer des expéditions en Syrie (Ebla).

[2] L’Élam est un ancien pays occupant la partie sud-ouest du plateau Iranien, autour des actuelles provinces du Khuzistan et du Fars, qui correspondent à ses deux principales régions, celle de Suse et celle d’Anshan/Anzan. L’histoire de l’Élam est difficilement dissociable de celle de la Mésopotamie voisine, qui exerça une forte influence sur cette région. C’est au plus tard en 539av.jc que l’on doit considérer que les dernières principautés élamites sont elles aussi intégrées dans l’empire perse.

[3] Les monts Zagros, sont une chaîne de montagnes s’étendant principalement dans l’Ouest de l’Iran, depuis le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique jusqu’au haut plateau arménien dans le Sud-est de la Turquie en passant par le Nord-est de l’Irak. Elle a une longueur totale de 1 600 kilomètres. Son point culminant se trouve dans le massif de Dena avec 4 409 mètres d’altitude. La zone est devenue relativement désertique mais semble avoir été plus verdoyante et a été l’un des deux centres connus de domestication des chèvres il y a 10 000 ans environ, à la fin de la dernière glaciation.

[4] Le Kurdistan (signifiant littéralement « pays des Kurdes » ou simplement Kurdistan, est une région géographique et culturelle d’Asie occidentale, majoritairement peuplée par les Kurdes. Cette région s’étend dans le sud-est de la Turquie, dans le nord-est de l’Irak, dans le nord-ouest de l’Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie. Sur ces quatre pays, seuls deux reconnaissent officiellement une région sous la dénomination de « Kurdistan » : l’Iran avec sa province du Kurdistan et l’Irak avec sa région autonome du Kurdistan. Dans certaines villes kurdes, les établissements urbains peuvent remonter à la préhistoire, notamment à Piranshahr (8 000 ans d’habitat urbain) et à Erbil (6 000 ans d’habitation urbaine)

[5] Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km. Ce fleuve prend sa source en Turquie comme l’autre grand fleuve de la région l’Euphrate.

[6] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[7] Les Hymnes de Shulgi sont une série de tablettes rédigés à la première personne